Le suivi des expected goals caennais depuis son retour en ligue 1

Le niveau d’xG for n’a jamais été aussi bas depuis le 8/11/14.

Le niveau d’xG against est cohérent.

La dernière fois que le niveau d’xG nets était aussi bas, c’était pile il y a un an le 30/04/17.

Bilan xG for & against 2018 04 29

Bilan xG nets 2018 04 29

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René Maric, un blogueur devenu entraîneur

L’Olympique de Marseille rencontre le RB Salzburg jeudi en demi-finale d’Europa League où un ancien tacticien blogueur co-fondateur du blog Spielvrlagerung est désormais entraîneur adjoint.

Extraits choisis de l’article du Süddeutsche Zeitung : « ein blogger wird coach » de Christopher Gerards.

« La chose intéressante à propos de l’analyse de Maric était qu’elle était très différente de la plupart des analyses existantes. Par exemple lorsqu’en mars 2016, il écrivait au sujet du BvB Dortmund, il ne s’était pas intéressé aux performances des buteurs comme beaucoup, mais aux trajectoires des latéraux qui valaient le coup d’œil.

Sa renommée s’est construite sur Spielverlagerung.de , un portail Internet qui examine les jeux sous l’angle de la tactique. Ses paroles n’étaient pas légères, et il y avait une raison à cela. Là, les textes sonnent rarement comme les fans parlent.

Beaucoup de choses ont changé depuis. L’entraîneur BVB n’est plus appelé Tuchel. Maric, 25 ans , pense toujours à Dortmund, mais cela fait maintenant partie de son nouveau travail. Maric n’est plus un blogueur tactique, il est désormais co-entraîneur de Red Bull Salzburg, les adversaires de la Ligue Europa de Marseille jeudi.

Il n’y a pas beaucoup de carrières qui sont si emblématiques dans le football, un sport si conservateur. Mais le football a changé, il est devenu plus académique. Les équipes d’entraîneurs se développent, il y a des experts pour tout, à l’écart se trouvent des joueurs qui n’ont pas réussi, Julian Nagelsmann ou Domenico Tedesco. Tout le monde n’aime pas ce développement: Mehmet Scholl, ancien footballeur de Bayern, s’est plaint que les étudiants aient pris le contrôle du football. Et l’entraîneur de Gladbach, Dieter Hecking, était amusé par le fait que les gens sur-interprètent son travail. Il a parlé de «prétendus courants de pensée» qui lui étaient parfois attribués sur les portails Internet alors qu’il était encore entraîneur à Wolfsburg.

Maric a écrit plusieurs fois sur Wolfsburg. Une fois, le VfL a joué contre Gladbach, il a analysé comment Hecking a adapté la stratégie: « Sans balle, vous n’avez plus joué en 4-3-3 / 4-3-2-1 , mais en 4-1-4-1 avec moins ailiers pour mieux défendre dans ces zones.  » Un match nul entre Cologne et Hanovre a été marqué par: «L’objectif de stabilité mutuelle mène à un match nul 1-1. ». Etc…

Maintenant, il est un entraîneur professionnel lui-même, et la question est désormais : à quoi ça ressemble quand un théoricien rencontre la pratique ?

Il dit: «Mais les tactiques sont en fait la somme des décisions prises par les joueurs sur le terrain, que ce soit dicté par l’entraîneur, que ce soit juste la situation, que ce soit les joueurs eux-mêmes. « 

Maric a d’abord entraîné à TSU Handenberg, un club amateur d’un village de Haute-Autriche, 1300 habitants. Il a entraîné des équipes de jeunes, plus tard la deuxième équipe, et il a été entraîneur adjoint de l’équipe fanion. Günter Russinger, chef de section de football à Handenberg, décrit Maric comme « extrêmement intelligent ». Il se souvient comment Maric a réussi à sauver certaines situations : « C’était un peu un mystère pour moi, car des gens aussi normaux que nous, ils peuvent se souvenir de certains points mais pas d’un match entier. »

Stefan Kirnstötter, qui a joué sous Maric, le décrit comme « empathique » et « très humain ». Il se souvient comment Maric a réagi quand un joueur faisait des erreurs à l’entraînement: « Il n’a pas dit directement ce qui n’allait pas, il a fait des exercices pour améliorer cela. » Maric a également conseillé plusieurs clubs.

Son arrivée à Salzbourg, est également liée à l’un de ses articles. Début 2016, il a écrit sur les U18 du club : « L’avance triomphale du Salzbourg U18 n’est pas une coïncidence, la signature de l’académie est aussi reconnaissable que celle de l’entraîneur. »

Cet entraîneur de M18 était Marco Rose, ancien professionnel à Mayence. Maric se tourna vers lui: « Je pensais : c’est une bonne occasion d’échanger des points de vue, de voir ce qui se passe là-bas. » À l’été 2016 , Maric était alors entraîneur adjoint de Rose. En 2017 , l’équipe a remporté l’Uefa Youth League, la Junior Champions League. En été 2017 , Rose est devenue entraîneur de l’équipe professionnelle – et Maric l’un de ses assistants.

C’est un test passionnant pour lui: « Je fais ouvertement face au fait que je n’étais pas un professionnel (en traitant avec les joueurs). Ok, je manque de valeur empirique mais il y a simplement des choses que je sais, et jusqu’à présent ce n’était pas un problème. « 

Parmi les tâches de Maric, qui a une maîtrise en psychologie, il doit prêter attention à certains joueurs en formation. Il analyse les adversaires et recrée les matchs de l’équipe, avec Rose: «Il y a des jours où j’apprends plus que les joueurs parce que j’interagis avec eux – en fait la plupart du temps», dit-il. Le leadership est le trait le plus important d’un formateur, dit Maric, avec tout ce qui touche à tout.

La saison actuelle de Salzbourg était instable, et l’équipe a échoué à se qualifier pour la Ligue des Champions, encore une fois. Lors des vacances d’hiver, l’équipe était derrière Sturm Graz. Maintenant, Salzbourg mène de nouveau la ligue nationale, en tant que souverain habituel, maintenant avec dix points d’avance.

Après avoir éliminé, la Real Sociedad, Dortmund et la Lazio, Maric a obligatoirement étudié dans les mooindres détails l’OM comme il sait si bien le faire.

Son dernier article sur Dortmund est paru pour la finale de la Coupe contre le Bayern en 2016, c’était le duel de l’entraîneur Thomas Tuchel et Pep Guardiola. Beaucoup de choses ont changé depuis. »

 

Comment battre le Paris Saint Germain ?

A match historique, défi historique.

Malherbe s’apprête à affronter un ogre, un ogre des matchs secs. 40 victoires consécutives en coupes nationales, 23 en coupe de France. Sa dernière défaite remonte au 22 janvier 2014 face à Montpellier en 16ème de finale de Coupe de France. Une éternité.

Et pour espérer retrouver le Stade de France, 13 ans après, il faudra stopper cette série et s’inspirer peut-être des 5 défaites du PSG cette saison : à Strasbourg, à Munich, à Lyon, et face à Madrid par deux fois. C’est d’ailleurs un motif d’encouragement, sur ces 5 défaites, 4 se sont produites à l’extérieur.

Pour illustrer ce défi, un tour sur les sites de paris en ligne permet de mesurer l’écart existant entre les deux équipes. Ainsi la victoire de Malherbe dans le temps réglementaire est côté à 13…

Autre illustration, les ELOs points. Malherbe totalise 1 481 points tandis que Paris en compte 1 904 soit un écart de 423 points…

Paris ne boxe pas dans la même catégorie et je pourrais continuer à descendre de nombreuses stats comme le nombre de buts marqués, encaissés… et se faire peur. Mais cet écart de classe peut être source de motivation car là où il y a de la crainte, il y a de l’espoir comme écrivait le philosophe Spinoza.

Oui, parlons philosophie, car le match de mercredi ne sera pas simplement un affrontement entre 22 joueurs. Ce sera avant tout une opposition de styles.

Thèse et Antithèse. Tout oppose Paris à Caen. Possession de balle, nombre de passes, % de passes réussies, duels aériens, nombre de séquences…

Les statistiques tendent à penser que la philosophie de jeu parisienne est un jeu de possession. Pourtant, Unai Emery ne voue pas un culte particulier à la possession de balle contrairement à Laurent Blanc par exemple. Bien qu’il y soit attaché, elle n’est pas primordiale. Le futur ex-entraineur du PSG préfère la notion de contrôle à la notion de domination. Une vision plus pragmatique que le courant de pensée guardiolesque.

Et mercredi, Paris contrôlera le ballon et le match. Jeu de contrôle face à jeu direct et vertical. Un jeu protagoniste face à un jeu réactif. Caen ne tiendra pas le ballon, défendra bas, et tentera de profiter de rares situations de déséquilibres pour jouer la transition.

C’est ce qui s’était passé lors du quart de final face à Lyon. On n’imagine mal Caen sortir de ce plan de jeu et se risquer à un pressing haut. L’expérience monégasque lors de la finale de la coupe de la ligue à montrer qu’il était difficile de gérer la profondeur face à Kylian Mbappé, notamment.

Pour maximiser ses chances de l’emporter mercredi, Caen devra contrôler son adversaire. Mais à la différence de Paris, son contrôle ne se fera pas avec le ballon, il se fera sans. Au diable le beau jeu, jouer au football n’est pas synonyme d’un jeu de passes.

Patrice Garande, dans son interview du 17 avril dans France Football, a expliqué ses convictions : « Nous, on ne peut pas gagner des matches si on n’a pas la bonne attitude, si on n’a pas envie de gagner les duels ou si on subit. » Les joueurs caennais ne doivent pas se préparer à subir. . Ils doivent se préparer à contrôler l’adversaire en fermant les espaces, en orientant le jeu de l’adversaire par leurs déplacements, en ciblant certains joueurs, en étudiant les faiblesses du jeu de passes parisiens. Il faut renverser la table, inverser le paradygme.

Le SMC pourra s’inspirer de José Mourinho qui est la référence du jeu sans ballon lors de confrontations à quitte ou double. Dans son livre, “The Special One: The Dark Side of Jose Mourinho”, le journaliste Diego Torres a défini les sept règles philosophiques de l’entraîneur portugais :

  1. Le match est remporté par l’équipe qui commet le moins d’erreurs
  2. Le football favorise celui qui provoque l’erreur chez l’adversaire
  3. À l’extérieur, au lieu d’essayer d’être meilleur que l’adversaire, il vaut mieux encourager leurs erreurs
  4. Celui qui possède la balle a plus de chances de commettre une erreur
  5. Celui qui renonce à la possession réduit donc ses chances de commettre une erreur
  6. Celui qui a le ballon a peur
  7. Celui qui ne l’a pas est de ce fait plus fort.

Mourinho ne gare pas un bus pour garer un bus. Le processus est bien plus complexe : « On prépare mieux un match quand on est conscient de nos propres faiblesses. Je dis à mes joueurs que pour moi, ce qui est beau, c’est de ne pas donner à nos adversaires ce qu’ils veulent. »

Une phrase à méditer donc par tous. Et peut-être qu’après le coup de sifflet final, Patrice Garande trouvera les mêmes mots que le technicien portugais après la demi-finale retour au Camp Nou en 2010 : “Ils peuvent garder le ballon. On va en finale.”

Sources :

https://www.90min.com/fr/posts/3393418-paris-saint-germain-unai-emery-sa-vision-ses-methodes-son-caractere

https://www.amazon.fr/Special-One-Dark-Side-Mourinho-ebook/dp/B00EXB7046

https://sport.sfr.fr/football/premier-league/le-plan-de-mourinho-heung-min-son-everton-et-guardiola-le-debrief-tactique-de-la-30e-journee.html

https://www.lequipe.fr/Football/Article/Bataille-sur-les-sorties-de-balle-coaching-gagnant-de-zidane-le-debrief-tactique-de-real-madrid-psg/876064

 

Amiens 3 – Caen 0, l’analyse du match, pas du score

Les matchs se suivent et se ressemblent pour le Stade Malherbe de Caen. Angers, Montpellier, Amiens et un même fil conducteur lors des trois dernières rencontres : Caen se saborde très rapidement avec un match plié en moins de 30 minutes.

Après le match de samedi, Caen n’a remporté qu’un seul de ses 12 derniers déplacements en restant muet à 9 reprises.

Les plans de jeu

Si le match opposait les deux équipes de ligue 1 affichant les plus faibles pourcentages de tirs cadrés en ligue 1, il opposait également les 2 équipes aux plus faibles pourcentages de passes réussies : 73,7% de passes réussies pour Amiens et 74,4% pour Caen.

Ce déchet s’explique par le jeu direct pratiqué par les deux équipes : Caen tente en moyenne 367 passes par match (dernier de ligue 1) pour une possession de 46,4% contre 376 passes et 46% de possession pour Amiens. Leur temps de possession est très court et le nombre de possessions par match est très important :

poss.png

Caen use en revanche de beaucoup plus de ballons aériens que son adversaire picard, et cela s’est vérifié samedi soir avec 52 ballons joués de la tête pour Malherbe contre 25 pour Amiens. Le profil d’Ivan Santini impose une animation offensive tournée résolument vers le jeu aérien et les seconds ballons depuis maintenant deux saisons.

Mais la trop faible projection des milieux caennais cette saison empêche une animation offensive plus performante (dernière attaque de ligue 1). Ces derniers matchs, la titularisation de Peeters semblait redondante avec celle de Féret : des relanceurs-passeurs sans grande mobilité (box to box) et n’amenant pas de supériorité numérique. Le manque de présence des milieux dans la surface est une faiblesse trop souvent vue lors des centres caennais.

L’absence de mobilité sans ballons est également combinée à une absence de mobilité avec ballons. Malherbe n’a pas de joueurs capables de porter le danger avec le ballon et de jouer des 1v1. Les joueurs caennais dribblent seulement 13,1 fois durant un match (dernier de ligue 1).

Ces lacunes expliquent à mon sens les difficultés de l’animation offensive inscrite dans des principes de jeux où les joueurs caennais défendent bas et jouent la transition. Si lors de la saison 2014/15, la transition offensive caennaise était redoutable, c’était en grande partie liée à la mobilité et la projection de ces milieux. En 2014/15, Caen était quatrième meilleure attaque de ligue 1 avec un pouvoir d’élimination bien plus grand : 19,4 dribbles par match (quatrième de ligue 1).

Le match

Alors que la possession est amiénoise durant les 20 premières minutes (56%), les picards restent très prudents avec un circuit de passes dans leur tiers défensif contrairement aux caennais qui sont positionnés de manière médian :

circuit.png

On remarque la différence d’homogénéité dans les circuits avec un jeu amiénois mieux réparti sur la largeur alors que les passes caennaises se concentrent une fois de plus côté gauche avec notamment Bessat combinant avec Djiku et Deminguet. Le couloir droit a de nouveau été déserté durant toute la rencontre : 44% des ballons ont été joué côté gauche contre 30% côté droit.

Lorsque le ballon s’aventurait côté droit, on a souvent vu un renversement de jeu vers le côté gauche par manque de solutions côté droit. D’ailleurs le ballon perdu par Guilbert amenant le premier but amiénois est causé par l’absence de propositions données au porteur de balle.

Le positionnement moyen des joueurs caennais lors de la première période montre cette asymétrie :

IMG_0278.jpg

Durant ce début de match, Caen a trop usé de verticalité avec des passes horizontales collées à la ligne de touche gauche. On a observé une trop faible densité pour jouer les seconds ballons et une absence d’homme libre pour les troisièmes ballons.

L’absence d’Ait Bennasser est préjudiciable dans le jeu avec ballon car c’était lui qui endossait le rôle de premier relanceur en fluidifiant le jeu. En son absence, Julien Féret endosse ce rôle et se retrouve éloigné des seconds et troisième ballons.

Amiens a été très prudent durant ce début de match et a aspiré les caennais pour jouer sur leur point fort : la transition. A la 19ème minute, alors que les caennais bénéficient d’un coup franc, c’est Julien Féret qui effectue une passe latérale vers Sankoh (photo1). Sankoh court avec le ballon latéralement vers le côté droit (photo 2) et transmet à Guilbert. Guilbert élimine un adversaire (photo 3). Remarquez l’absence de propositions au porteur de balle (photo 4). Il n’a alors qu’un seul choix de passe : centrer alors qu’il est très éloigné de la ligne de but (le pourcentage de réussite est très faible dans ce cas). Il décide de jouer le 1v1 et le perd. Dès lors, c’est le basculement vers l’attaque pour les amiénois (photo 5). Alors que les joueurs caennais peinent à placer des joueurs dans la surface dans ces moments comparables, Amiens va être capable de positionner 4 joueurs dans la surface caennaise et marquer (photo 6). La différence de mobilité entre les deux équipes est criante.

1er but.png

Amiens, comme Montpellier, comme Angers… a une cartouche indispensable pour jouer la transition : la mobilité. Ce que Malherbe ne dispose pas ou plus du fait de passes qui parcourent trop de distance et de facto un temps de passes trop court incompatible avec la mobilité. La distance parcourue par les passes caennaises est en moyenne de 21 mètres (plus longue distance derrière Metz). En réduisant la distance des passes, Caen amènera de la densité près du porteur. Un problème d’espace et de temps comme toujours dans le football.

Il est injuste de taper sur les doigts de la défense caennaise sur ce premier but car c’est notre animation offensive qui a permis quelques secondes plus tard un centre adverse joué à égalité numérique. Amiens a parfaitement profité du déséquilibre caennais.

Sur le second but encaissé, Romain Genevois a évoqué un copier-coller du premier but montpellierain au micro de BeIn. Comme dimanche dernier, la densité axiale caennaise est court-circuitée de nouveau. Cette fois par un ballon long joué vers l’attaquant de fixation picard. Djiku perd son duel aérien. Sankoh-Deminguet sont en retard pour jouer le second ballon. La frappe de Monconduit se transforme en passe décisive pour Gakpé.

 

 

 

Et comme dimanche, le match est plié en trente minutes. Amiens recule et laisse l’initiative à Malherbe. 58% de possession durant la dernière heure de jeu. Comme face à Montepellier, coach Garande change de système et de joueurs mais le mal est fait.

Pire, Malherbe encaisse un troisième but sur une belle action initiée par Kakuta.

Caen va se créer des situations en fin de match, mais les problèmes de finition perdurent. Kouakou et Santini manquent de réalisme. 1,46 expected goals samedi pour 0 but inscrit ! 14,66 buts sont manquants cette année. Depuis le recensement de cette stat (saison 2014/2015), personne n’a fait pire.

Bref, les matchs se suivent et se ressemblent. Je vais bientôt pouvoir faire des copier-coller de mes analyses 😉.

Sources : 
SofaScore // understat // whoscored //cotestats.fr

 

Caen 1 – Montpellier 3, l’analyse du match pas du score

Extrait de l’emission WAM du vendredi 6/4/18 avec comme invité exceptionnel Xavier Gravelaine

Oui et Merci du cadeau car recevoir le directeur général du club alors que l’équipe vient d’enchainer trois défaites de suites, 7 buts encaissés , 1 seul marqué.

Y a pas à dire chez WAM on sait mettre l’invité dans de bonnes conditions en l’invitant au meilleur des moments.

Alors qu’avons-nous vu lors de ce Caen Montpellier ?

On a vu une défaite face à un Montpellier très cohérent, un adversaire qui n’a perdu qu’un seul de ses 12 derniers matchs de ligue 1.

De quoi relativiser cette défaite. En face c’était pas des peintres.

Face à une équipe montpelliéraine très forte dans son animation défensive, deuxième meilleure défense de ligue 1, Patrice Garande a opté pour une stratégie protagoniste en voulant prendre l’initiative dès le début de match  avec un système en 1-4-3-3. Un système qui cette saison n’est pas performant. Il avait été choisi souvenez-vous lors des deux premiers matchs de la saison : 2 défaites . C’est suite à l’arrivée d’Ait Bennasser, qu’il avait été abandonné.

A noter que l’animation des couloirs étaient asymétriques, avec côté gauche Bazile en mangeur de craie, et côté droit Rodelin, lui est beaucoup rentré vers l’intérieur autour de Santini pour y amener de la densité et jouer les deuxièmes ballons, libérant le couloir droit pour les montées de Guilbert.

Les caennais se sont montrés appliqués et sérieux sur le début de match avec un bloc équipe très haut tentant d’étouffer l’adversaire.

Est-ce que vous avez une idée de la possession de balle durant les 20 premières minutes ?

Elle a été de 59%. Ce qui est pas mal.

A la 11ème minute, Peeters aurait même pu marquer sur une extra passe de Féret. Mais il a buté sur Lecomte. Peeters tarde à être décisif avec Malherbe. 0 but inscrit depuis son arrivée.

A votre avis, selon les expected goals, combien aurait-il dû inscrire de buts ?

Déjà 2,39 expected goals depuis le début de la saison.

Ce fut la seule frappe de la première période côté caennais alors que 17 centres ont été réalisés. On pourra regretter l’absence de densité dans la surface pour que ces centres soient plus efficaces.

Un bon début de match où même Bazile a failli se réconcilier avec Borrelli. C’est dire.

Mais tout ça c’était avant le drame.

L’action montpelliéraine du premier but est fameuse et rappelle celle du premier but dijonnais il y a quelques semaines avec un mouvement qui démarre d’un côté où l’adversaire fixe notre défense avant de renverser côté opposé.

Parce que j’ai entendu certains observateurs critiquer injustement Genevois au marquage de Sambia. Remettons les pendules à l’heure. Si responsabilité il y a, elle est sur l’absence de compacité axiale qui a permis une ligne de passe létale d’Hilton vers Sambia pour permettre un brusque changement de rythme. C’est la première des responsabilités. Et cette responsabilité est collective.

Donc les trois milieux caennais, Peeters-Féret-Sankoh sont cadrés sur une touche jouée côté gauche de la défense caennaise. Passe latérale vers Hilton. Le triangle caennais est en retard sur le temps de passe et court latéralement. Hilton casse la ligne et saute son milieu de terrain pour trouver Sambia d’une passe indirecte au ras du sol. Sambia a les épaules bien alignées pour s’appuie côté droit sans contrôle vers Roussillon qui est collé à la ligne de touche. Le changement de rythme est parfait. Roussillon remet en une deux vers Sambia toujours en une touche.

Alors Platini disant que le contrôle est le geste technique le plus difficile et le plus technique.

Est-ce que vous savez ce que répond Suaudeau à cette phrase ?

Et Bien que non à Nantes on joue sans contrôle.

Les joueurs caennais défendent en courant vers leur but, ce qui n’est jamais simple.

Dans l’axe Bessat est au marquage de Sio. Les deux joueurs ont ralenti leur course pour être dans le bon tempo. Sambia centre, Bessat n’a pas le bon angle de course ni le coup de rein nécessaire pour accélérer et intercepter. Sio conclut un joli mouvement.

Deux minutes plus tard, Malherbe encaisse un second but sur corner. Caen qui est pourtant leader sur les buts encaissés sur coup de pied arrêté :

Combien de buts encaissés sur coup de pied arrêté cette saison ?

c’est seulement le troisième but encaissé sur coup de pied arrêté. Tous sur corner.

Ensuite toute la machine s’enraye. Lorsque tu as la pire attaque de ligue 1 et que tu affrontes la deuxième meilleure défense de ligue 1, tu peux comprendre que les joueurs caennais ait été ko debout. Revenir au score te parait insurmontable.

Le match était donc plié. Des changements et une modification de système ont été opéré par coach Garande à la mi-temps.

Mais Montpellier a logiquement défendu plus bas pour conserver le résultat et a joué la transition rapide. Et le troisième but héraultais est venu comme cela.

Les trente dernières minutes pourront être qualifiées de Garbage time avec tout de même un mini évènement puisque Santini a marqué dans le jeu.

Depuis combien de temps Santini n’avait pas marqué dans le jeu ?

Cela faisait 4 mois soit 1 269 minutes (si on inclut les coupes) que Santini n’avait pas marqué dans le but, depuis Caen Lyon le 3 décembre 2017.

Bref, un score logique selon la hiérarchie du classement mais aussi selon la mécanique du match.

Malherbe n’a pas su convertir une occasion franche de but. On totalise aujourd’hui 36,2 expected goals contre 23 buts réellement marqué soit une sous performance de 13,2 buts…hmhm

Montpellier, lui a su s’affranchir de la densité axiale malherbiste sur une action et aggraver le score face à une équipe dont l’animation offensive n’est clairement pas son point fort en cette saison.

Angers 3 – Caen 0, l’analyse du match, pas du score

Après le match de samedi, Caen reste donc la proie favorite d’Angers avec 88% de victoires : 7 victoires et 1 nul. Angers a marqué au moins 2 buts lors de 7 des 8 rencontres face à Caen en ligue 1.

Mais le score n’est qu’un élément du match. Et même si la défaite fait mal, on aurait tort de tourner la page trop rapidement et de profiter de la trêve car j’ai trouvé des éléments intéressants d’analyse.

Les plans de jeu

Beaucoup auront remarqué les similitudes hors du terrain entre les deux équipes avant le match : des présidents qui ont des traits communs et qui s’apprécient, des organigrammes similaires, la même gestion de crise…

Et ils existent également des similitudes dans la philosophie de jeu : un bloc bas qui joue la transition.

Angers et Caen laissent l’initiative du jeu à l’adversaire avec 45,3% de possession et 46,1% depuis le début de la saison et ils misent sur une projection rapide vers l’avant à la récupération du ballon. Caen a néanmoins un jeu plus direct qu’Angers : 368 passes en moyenne par match soit un ratio passes/possession de 798 alors que les angevins réalisent 392 passes en moyenne soit un ratio de 850. Le temps de possession caennais est plus court et le nombre de passes consécutives est plus faible.

Le jeu de transition angevin est néanmoins plus efficace : 26,03 expected goals dans le jeu contre 20,41 pour les malherbistes.

La conversion d’occasions créées sur coup de pied arrêtées est devenue la marque de fabrique du SCO depuis plusieurs saisons : 10 buts sur coup de pieds arrêtés (6 sur corners et 4 sur CPA indirects) depuis le début de la saison soit 50% des buts angevins (hors penalty) !

Une philosophie de jeu identique pour deux coachs affichant une des plus grandes longévités en Europe.

Samedi soit, Stéphane Moulin a reconduit son 1-4-1-4-1. Il est clair que ce système a la cote lorsque l’on veut développer une identité de jeu faite de verticalité car ce système a déjà été vu avec le Toulouse de Casanova puis le Sm Caen de Garande en 2015 notamment.

Patrice Garande, lui, reconduisait un 1-3-5-2. C’est la 7ème fois en 8 rencontres que l’on observe ce système. On aurait pu imaginer un retour à une défense à 4 avec le retour de blessure de Damien Da Silva. Mais l’impossibilité de titulariser un latéral gauche de métier a poussé le technicien à reconduire une défense avec trois axiaux : Djiku axe gauche, Diomandé axe central et Da Silva axe droit. Au milieu, le triangle était un triangle à pointe basse avec Bennasser en sentinelle.

compo.png

Côté Angevin, depuis le départ de Crivelli, Toko Ekambi est systématiquement titularisé en pointe. Il serait étonnant de ne pas le voir quitter le SCO cet été au regard de ces performances : 16 buts et 5 passes décisives. Il est le meilleur buteur camerounais sur une saison depuis Vincent Aboubakar en 2013/14 (16 buts avec Lorient).

Angers a le chic pour dénicher des joueurs à potentiel et les faire progresser : Famara Diédhiou hier, Karl Toko Ekambi aujourd’hui.

Le triangle des milieux axiaux était composé de Santamaria-Oniangué-Mangani, Santamaria étant le sentinelle devant la défense. Sur les côtés Reine-Adélaïde et Tait étaient titularisés. Tait, droitier sur le couloir gauche a posé d’énorme problème en privilégiant quasiment systématiquement la diagonale vers l’intérieur.

Cette construction du jeu où les milieux excentrés repiquent vers l’intérieur est d’ailleurs une grosse différence avec l’animation caennaise. Car à Caen, on constate une construction en U vers l’extérieur sans pénétration axiale car on privilégie les centres. Rappelez-vous cette image lors de la réception de Lille début janvier :

Ainsi Caen réalise en moyenne 25,5 centres par match, 1er en ligue 1. Angers centre 17,1 fois en moyenne, 15ème de ligue 1.

Le match

Le fait marquant du match est arrivé hélas trop rapidement pour les caennais et a cassé leur plan de jeu.

On minimalise trop souvent l’enjeu des touches. Mais ce que l’on peut considérer comme un détail n’en est pas un. Dans les clubs professionnels, les touches sont travaillées comme de vrais lancers de jeux avec des mécaniques précises comme peut l’être un corner. Et il est certain que les joueurs angevins ont travaillé ce secteur de jeu.

Dans les dix premières minutes, Angers va obtenir 9 touches dont 6 dans les 30 derniers mètres. Résultat de ces dernières : 2 touches obtenues, une touche longue transformée en centre dans la surface et un missile en lucarne.

On est à la 11ème minute avec une touche pour les angevins à 5 mètres du poteau de corner côté gauche.

but tait2

Comme indiqué plus haut, le choix de positionné Tait en faux pied couloir gauche a terriblement gêné la défense caennaise. Sur le premier but, c’est la combinaison de Toko Ekambi et Tait qui fait la différence. Tous les deux droitiers, leur protection de balle et leur conduite de balle ont permis d’éloigner leurs adversaires et viser le but.

La coordination des mouvements de Guilbert-Da Silva-Peeters-Repas n’est pas bonne. 4 caennais contre 2 angevins. Ils vont tous se jeter sur le porteur de balle Ekambi. A posteriori, le choix de Peeters d’abandonner Tait n’est pas un bon choix. Une fois le ballon transmis au futur buteur angevin, Féret est trop éloigné et intervient tardivement et timidement. 1 zéro.

Le mal était fait. Une fois cette avantage pris, Angers s’est replié et à jouer la transition comme attendu. Le SCO a attendu patiemment, a joué très direct une fois l’avantage pris. Alors que le bloc caennais était positionné haut sur le terrain à la 43ème minute, suite à une mauvaise relance de Rémy Vercoutre, un duel aérien est perdu au milieu de terrain et offre une situation de 3×2 aux angevins. Tait trouve Ekambi lancé. Deux zéros. Angers a piégé Caen à son propre jeu et a attendu une erreur caennaise pour jouer une transition rapide et marquer.

but ekambi.png

Alors que Caen avait laissé l’initiative du jeu aux angevins (64,7% de possession durant les dix premières minutes), il a été condamné à faire le jeu et ce n’est clairement pas son fort : 63,6 % de possession pour Caen lors des 80 dernières minutes.

Le SMC s’est cassé le nez durant le reste de la rencontre face à un bloc équipe dense qui a fermé les espaces. Les joueurs caennais ont été incapable de franchir la première ligne de pressing des milieux.

passing network.png

L’absence de circuit de jeu intérieur est mis en exergue par le passing network ci-dessus. 383 passes ont été complétées côté caennais dont 252 dans le tiers central soit 66%. Seulement 76 passes ont été réussis dans le dernier tiers adverse. Santini et Repas (première titularisation depuis le 16 décembre) n’ont pas été capable de se situer entre les lignes et de proposer des solutions aux milieux caennais.

Peeters a été étrangement invisible : 26 ballons touchés pour 16 passes réussies :

peeters

Stef Peeters a du mal a confirmé les bonnes choses entrevues en janvier et début février. Son match de référence reste celui de Guingamp mais il doit confirmer dans la durée. Sa qualité de passe sur les coups de pieds arrêtés ne peut suffire à justifier une titularisation.

Le jeu a penché côté gauche : 44,8% des ballons touchés. Face à la menace Tait et Ekambi dé-zonant, ou même Mangani, Frédéric Guilbert s’est très peu montré et a été très prudent. Vincent Bessat a été plus offensif mais trop inoffensif. Ait Bennasser l’a par exemple souvent trouvé sur des passes longues. Hélas ces situations n’ont pu être exploitées.

A l’heure de jeu, le coach caennais passait en 1-4-3-3 avec les entrées simultanées de Timo Stavitski et Hervé Bazile sans aucun effet sur l’attaque. Pis, elle encaissait un troisième but à la 74ème.

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Conclusion

Malherbe termine la rencontre avec 0,57 expected goals dont 0,18 xG dans le jeu seulement. L’occasion la plus dangereuse est la tête de Djiku à la 81ème minute sur un coup franc de Féret. Angers s’est créé 1,74 expected goals, Rémy Vercoutre n’a hélas pas pu performer même s’il termine la rencontre avec 3 arrêts.

xg

Il serait injuste de dire que les joueurs caennais ont manqué d’envie samedi soir. Le nombre d’actions défensives (50) et le nombre de duels gagnés (62/102) sont élevés.

La mécanique du match a de nouveau révélé les limites de l’identité de jeu caennaise : Malherbe est incapable de se procurer des situations de buts en ayant l’initiative du jeu. Cette équipe est structurée pour bien se replier, récupérer le ballon et jouer rapidement la transition. Elle ne sait pas faire autrement.

 

Le Stade Malherbe de Midtjylland

Le club danois du FC Midtjylland est un club novateur où la data est intégré aux processus de décisions notamment dans le cadre des recrutements. Les statistiques individuelles des joueurs prospectés sont étudiées au moment du pré-recrutement où le recruitment analyst du club va scanner le marché à partir d’un profil déf…

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