L’utilisation du 3-5-2 en Europe en 2019

Cette saison, Rui Almeida, le nouveau coach caennais, a importé le système en 1-3-5-2 de son expérience troyenne où après l’avoir installé en mars 2019, il fut invaincu en saison régulière.

Dans cet article j’ai voulu quantifier et de qualifier l’utilisation de ce dispositif à l’heure actuelle car le système n’est qu’un outil du projet de d’un entraîneur.

L’utilisation du 3-5-2 trouve ses origines au début des années 80 avec la disparition du gioco all’Italiana. On notera comme précurseurs Carlos Billardo avec l’Argentine, Ciro Blazevic avec le Dynamo Zagreb ou Sepp Piontek avec le Danemark. Le 3-5-2 s’est démocratisé assez fortement durant près d’une décennie avant que la défense à quatre ne devienne une

Aujourd’hui peu d’équipes l’utilisent. J’ai dénombré 14 équipes ayant utilisé le 1-3-5-2 dans le big five lors de la saison 2018/19 (plus de 10 matchs).

Trois équipes françaises, Trois espagnoles, cinq italiennes, deux allemandes et une anglaise.

Un système commun à beaucoup d’équipes mais avec des conceptions différentes pour jouer au football et pour gagner des matchs.

La hiérachisation ci-dessous permet de classifier selon 12 critères de jeu ces 14 équipes avec l’ajout des performances du stade malherbe depuis le début de la saison.

3-5-2.png

On relvèe que seul le Bétis de Séville de Quique Setien a utilisé ce système pour imposer son jeu de possession.

Les autres équipes l’ont surtout utilisé pour déployer un jeu de transition. Il s’agit majoritairement d’équipes italiennes et allemandes.

S’il fallait retenir un modèle du jeu de transition hyper rapide et efficace avec le 3-5-2, ce serait celui de l’Eintracht Frankfurt.

Entre les deux se situe les équipes françaises qui n’ont ni utilisé ce système pour un jeu expansif ni pour un jeu réactif.

Caen, Troyes, Strasbourg et Montpellier ont déployé un modèle de jeu avec peu d’attaques positionnelles et peu de contre-attaques.

Un tempo plus lent a donc été observé chez ces équipes.

Cette saison, Rui Almeida a importé ce système dans l’équipe caennaise depuis Troyes.

Il est intéressant de noter qu’après 3 journées de championnat, l’équipe qui se rapproche le plus du SM Caen est tout simplement Troyes, l’ancienne équipe coachée par Rui Almeida.

Les points communs sont : le peu de tirs au but, une possession équilibrée, peu d’attaques positionnelles, un usage du jeu long et vers l’avant modéré, peu de centres tentés.

Ce dernier point est d’ailleurs surprenant puisque le 3-5-2 est utilisé théoriquement pour jouer dans la largeur.

C’est la grande différence avec le jeu montpelliérain et strasbourgeois.

Si l’objectif de l’entraîneur portugais est de tendre vers le jeu déployé dans l’Aube, il faudra corriger le nombre de but attendu , ainsi que le nombre de contre attaques trop peu nombreux.

 

Classement interactif des buts et passes D attendus en France en 2018/19

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Le profil d’Antony Weber

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Classement des Non-shot expected goals en ligue 1

Les Non-shot expected goals viennent compléter les expected goals. Cette statistique avancée va mesurer les situations plutôt que les tirs pris.

En clair, les Non-shot expected goals sont une estimation du nombre de buts qu’une équipe «aurait dû» inscrire en fonction des actions non tirées entreprises proche du but de l’équipe adverse.

Par exemple, nous savons que le fait d’intercepter le ballon au point de penalty de l’équipe adverse donne lieu à un but dans 9% du temps, et une passe complétée reçue dans l’axe à 6 mètres du but aboutit à un but d’environ 14% du temps.

Cette stat est calculée par le site FiveThirtyEight en l’ajustant en fonction du taux de réussite du ou des joueurs effectuant l’action (le passeur et le receveur, dans le cas d’une passe).

Ci-dessous le classement de la ligue 1 selon les Non-shot expected goals :

Sans titre

Sans surprise, Paris est également leader de ce classement. Quelques surprises sont à noter comme l’écart défavorable pour Nantes qui se classe 4ème selon les nsxg. La différence provient notamment du début de saison nantais et de la philosophie de jeu proné par Miguel Cardoso. Les joueurs nantais exécutais un jeu de possession ambitieux avec une domination très forte avec le ballon dans le dernier tiers mais sans concrétiser ses temps forts. Ce fut une critique très virulente du jeu nantais de l’époque qui est corroboré par cette stat.

D’autres faits saillants sont mis en exergue par les nsxg comme les écarts favorables observés pour des équipes comme Nice et Reims qui malgré un faible nombre de situations qualitatives ont su se hisser dans la première moitié du classement « réel » de L1.

Quant à Malherbe, elle ferme la marche hélas avec un très faible nombre de Non-shot expected goals.

La hiérarchisation des styles de jeu en ligue 1

Je profite de la trêve internationale pour communiquer un travail de clusterisation permettant de classifier les équipes de ligue 1 selon leur style de jeu.

Pour hiérarchiser les résultats, j’ai utilisé un dendrogramme qui permet d’identifier les groupes homogènes au sein d’un groupe de données.

Inspiré par Cheuk Hei Ho qui a réalisé ce travail pour la MLS et la Série A, j’ai retenu 16 critères :

  • le nombre  de passes au cours d’un match
  • la possession
  • le nombre de passes par possession
  • le nombre de passes longues par possession
  • le nombre de passes courtes par possession
  • le nombre de duels aériens par possession
  • le nombre de dribbles par possession
  • le nombre d’actions défensives par possession
  • le % de passes longues
  • le nombre d’actions défensives
  • le temps de possession
  • la fréquences de tirs
  • le taux de passes longues réussies
  • le taux de passes courtes réussies
  • le taux de réussite au dribble
  • le taux de réussite pour les duels aériens

J’ai utilisé la méthode de standardisation z score (nombre d’écarts types séparant un résultat de la moyenne).

Ce classement a ses limites. Nantes et Monaco ont changé d’entraîneur récemment et le style de jeu proposé n’est plus le même qu’auparavant. Néanmoins, ce travail permet de  confirmer et infirmer certains attendus.

Après 10 journées, la hiérarchisation était la suivante :

Hierarchisation des styles de jeu J10Après 10 journées, le style de jeu de Caen étaient proche du jeu proposé par Nîmes ou encore Reims

Après 13 journées :

Hierarchisation des styles de jeu J13

4 matchs plus tard, Caen est toujours proche du jeu proposé par Nîmes et Reims mais il s’en est légèrement éloigné. Guingamp, en revanche se retrouve désormais dans le même cluster que ces derniers.

Pour le reste, je vous laisse interpréter ce qui peut être interprétable !

Le profil d’Erwin Zelazny

Erwin Zelazny est la première recrue caennaise de cet été 2018.

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Agé de 26 ans et issu du centre de formation du FC Nantes où il n’a jamais pu s’imposer, Zelazny s’est révélé sur le tard puisque c’est seulement depuis janvier qu’il a pu montrer tout son savoir faire en poussant sur la banc Mamadou Samassa. Il a ainsi enchaîné 17 matchs de ligue 1, une première pour lui, mais sans pour autant permettre à Troyes d’éviter la relégation.

Arrivé en juillet 2016, il n’avait participé qu’à une seule rencontre lors de la saison de la (re)montée des troyens en ligue 1. Après une énième défaite face à Angers, il est propulsé titulaire pour la réception de Lille le le 20 janvier 2018. Après la victoire obtenue face à un Losc version Galtier, Jean-Louis Garcia continuera de lui faire confiance pour le reste de la saison. Bilan : 3 victoires, 3 nuls et 11 défaites, 3 clean sheet et une 19ème place. A titre de comparaison, avec Samassa, le bilan Troyen s’élevait à 6 victoires, 3 nuls et 12 défaites.

Au sein d’un collectif très friable, Zelazny aura été cherché 28 fois le ballon au fonds de ses filets soit 1,6 fois par match…

Afin de le comparer avec les autres gardiens de ligue 1, ci-dessous la matrice croisant le nombre de frappes cadrées subies versus le taux d’arrêt :

Matrice Zelazny

Zelazny n’est pas très bien placé avec 5,4 tirs cadrés subis et un % d’arrêts de 63%. A titre de comparaison, Vercoutre termine sa saison avec un % de 66 % pour 3,9 tirs cadrés subis. Zelazny a sans surprise était très exposé tout au long de la saison au sein de la 15ème défense de ligue 1.

Pour tenter de neutraliser cette exposition et objectiver sa performance, intéressons-nous aux expected goals subis. L’ex-gardien de Troyes aurait dû encaisser 25,11 buts soit un écart défavorable de 2,89 buts. Le classement depuis le 20 janvier est le suivant :

classement xga

Même si l’écart est défavorable, Zelazny est positionné dans le milieu de tableau, ce qui est une bonne chose. On retrouve au premier rang, l’ASSE et la surperformance de Ruffier. Quant à Malherbe et Rémy Vercoutre, il se classe 18ème de cette fin de championnat…

Alors qu’il aurait pu surfer sur sa fin de saison et continuer à occuper le but troyen en Ligue 2, Zelazny a préféré partir et (tenter de) regouter à la ligue 1 dans un effectif où il viendra assurément installer une concurrence avec Brice Samba pour le poste de numéro 1 la saison prochaine.

Derrière Brice Samba ? En tout cas, Erwin Zelazny est premier au nombre de matchs en ligue 1. A surveiller donc.