Caen 2 – Rennes 2, l’analyse

Caen enchaîne avec un troisième match sans défaite après le match nul obtenu lors de la réception de Rennes samedi dernier. Un match nul plein d’émotions avec deux pénaltys ratés côté caennais.

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Les plans de jeu

Il était délicat de prévoir les plans de jeu avant le match. Sabri Lamouchi, étant néophyte, l’échantillon rennais à analyser avant le match est encore mince. Garande, Huriez et consorts ont dû se creuser les méninges et prévoir plusieurs scenarii. Le travail aurait sans doute été plus simple avec Christian Gourcuff encore entraîneur.

Patrice Garande a finalement opté pour un plan de jeu offensif. Vouloir tenir le ballon lorsque votre identité de jeu est une identité défensive était une vraie prise de risque. Le fait d’être à domicile et d’avoir réalisé de belles performance récemment @Saint-Etienne et @Guingamp avec trois défenseurs axiaux a surement plaidé pour ce choix.

Le plan s’est déroulé comme prévu avec 60% de possession de balle.

C’était la cinquième fois où l’on apercevait le 1-3-5-2 cette saison, les quatre précédentes fois, il s’agissait de matchs à l’extérieur où le plan de jeu était défensif. La possession de balle et le nombre de passes sur ces matchs étaient la suivante :

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La phrase la plus répétée dans le paysage du foot français est : « l’important, c’est les trois points et de prendre les matchs les uns après les autres ». La deuxième phrase la plus répétée est : « peu importe le système, l’important c’est l’animation ».

C’est le cas, même si je préfèrerai entendre le plan de jeu plutôt que l’animation, car comme vu sur le graphique ci-dessus, c’est bien la première fois qu’avec un plan de jeu offensif, le système repose sur trois défenseurs centraux axiaux. Avant la réception de Rennes, la moyenne de possession était de 29% et la moyenne de passes réussies de 219. Samedi c’était multiplié par deux ! 60% de possession et 407 passes réussies.

La majorité des spectateurs auront apprécié les velléités joueuses des joueurs du SMC avec un contrôle du ballon très rarement vue à D’Ornano. Une prise de risque donc et comme toute prise de risque, on tente de maximiser le gain et inversement on maximise la perte. Malherbe marque rapidement mais encaisse également. 1-2 en moins d’une demi-heure, elle est qui est pourtant si solide d’habitude, notamment en première mi-temps :

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La composition du Stade Malherbe de Caen :

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En face, Sabri Lamouchi optait pour un 1-4-3-3. Un système jamais vu depuis l’intronisation de l’ex sélectionneur de la Côte d’Ivoire, ce qui peut expliquer en partie la domination caennaise lors des 6 premières minutes.

Le match

Rennes a laissé les clefs du match au Stade Malherbe, d’ailleurs on a surtout vu un dispositif tactique organisé en 1-4-5-1 avec les milieux Bourigeaud et Sarr astreints a un gros boulot défensif.

Rennes s’est très peu découvert durant les 90’ avec une supériorité numérique défensive. Elle a été gênée en première mi-temps couloir gauche avec un Frédéric Guilbert virevoltant mais a su apporter des corrections de positionnement pour une assise plus étanche.

Frédéric Guilbert a illuminé la première période. Il confirme un très bon début d’année 2018. Au-delà de sa prestation défensive, il a délivré sa deuxième passe décisive de la saison, sa troisième depuis qu’il est caennais mais cette fois ci, ce n’était pas pour Rodelin mais pour le néo caennais Enzo Crivelli.

Guilbert a trouvé Crivelli dans sa zone préférentielle après un long ballon de Vercoutre, une double déviation de la tête de Rodelin et Féret. La défense rennaise défend avec des courses vers son but ce qui est toujours délicat. On n’a surement pas assez commenté l’existence d’automatismes entre Guilbert et Crivelli qui sont des ex-coéquipiers.

D’ailleurs pour ceux qui ont écouté les deux dernières émissions de wam, ci-dessous mes prédictions victorieuses :

A écouter à partir de 25’12 jusqu’à 25’39

https://www.mixcloud.com/RadioPhenixCaen/wam-l%C3%A9mission-02-f%C3%A9vrier-2018/

A écouter à partir de 1h00’25 jusqu’à 1h00’31

https://www.mixcloud.com/RadioPhenixCaen/wam-l%C3%A9mission-16-f%C3%A9vrier-2018/

Bluffant non ? Même si le pronostic n’aura tenu que 3 minutes…

Car Malherbe va se faire punir trois minutes plus tard :

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Cette perte de balle va marquer au fer rouge Julien Féret durant la rencontre. Les travées vont épier la moindre de ses pertes de balles. Comme souvent, c’est le joueur caennais qui est le plus exposé à la critique puisque c’est le joueur caennais qui touche le plus de ballons et donc qui tente le plus de passes. 68 passes tentées pour 10 manquées dont 1 seule dans le dernier tiers défensif, celle du 1er but rennais. Mais en revanche, il réalise trois passes clés dont 1 passe décisive.

Pour calmer les plus rageux, comparons les cartes de chaleur de Féret et Peeters :

Alors c’est qui le vieux ?

Il est intéressant d’analyser les circuits de passes sur ce match car comme vu plus haut les joueurs caennais ont troqué leur jeu direct, où l’on doit atteindre le but adverse le plus rapidement possible en un minimum de passes, par un jeu de possession.

Le graphique ci-dessous représente le positionnement moyen des joueurs jusqu’à la 61ème minute :

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Les enseignements principaux du passing network :

  • Dissymétrie ouest-est: il y a un déséquilibre gauche-droite avec beaucoup de joueurs côté gauche : 49,5% des ballons ont été joués côté droit contre 25,6% côté gauche
  • Le circuit de passes préférentiel est donc côté droit avec Julien Féret au cœur du jeu
  • Le binôme Guilbert-Féret a très bien fonctionné
  • Lorsque le dispositif est un 1-4-4-2 avec Julien Féret en double pivot côté gauche, on observe l’inverse
  • Cela confirme que le jeu caennais penche toujours du côté où joue Julien Féret peu importe le système

L’animation offensive a été très bonne avec des circuits et mouvements rodés fidèles au plan de jeu où on exploite beaucoup les côtés pour centrer près du but. Avec le 1-3-5-2, Malherbe se découvre hélas un peu trop avec de grands espaces laissés derrière Avounou-Peeters-Féret-Guilbert.

Le triangle formé par les trois milieux axiaux était assez étonnant. D’habitude, le triangle est formé d’un double pivot de récupérateur placé devant les défenseurs axiaux et le troisième côté est occupé par un meneur : triangle en pointe haute. Ce meneur est chargé de gêner la transmission du 6 adverse. Sauf que samedi, il n’y avait pas de double pivot mais un seul joueur sentinelle placé devant la défense, triangle en pointe basse : Baissama Sankoh.

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Le numéro 6 rennais Prcic était souvent libre et a apporté de la valeur aux chaines de possessions rennaise. Par ses décisions, il a appuyé sur les zones laissées vacantes par les milieux et joueurs de couloirs malherbistes.

Sankoh avait beaucoup trop d’espace à couvrir. Il beaucoup couru mais hélas souvent dans le vide : seulement 39 ballons touchés en 62’ et 4 duels à disputer. La compensation dans les espaces dans le dos des latéraux était très délicate pour ne pas dire impossible. La coordination défensive entre lui et ces derniers ainsi que les défenseurs axiaux gauche et droit (Da Silva et Genevois) était très perfectible.

En l’absence de DJIKU, la complémentarité Da Silva-Diomandé-Genevois fait débat. Le choix de positionner Da Silva axe gauche pouvait surprendre. Mais c’est surement côté Diomandé qu’il faut regarder. Cette saison, il n’a pas encore joué à son véritable poste qui est milieu défensif et sa prestation de samedi n’argue pas pour une reconversion définitive au poste de défenseur.

Sur le second but breton, les caennais sont pris à défaut sur un corner mal repoussé. Le manque de coordination dans les mouvements est flagrant.

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Le 1-3-5-2 est un des systèmes les plus exigeants. L’intelligence tactique est primordiale sur les stratégies de replacement surtout pour les défenseurs centraux dans les situations de déséquilibres. La couverture mutuelle et la communication ont fait défaut.

On pourrait croire qu’en positionnant cinq défenseurs dans le repli défensif, on sécurise le système. C’est oublier l’animation défensive ;). Le positionnement moyen de Genevois est d’ailleurs suspect. Il est très haut et très à droite durant la première heure de jeu pour compenser l’agressivité offensive de Guilbert. Gérer toute la largeur à trois défenseurs centraux s’est avérée compliquée. Offensivement, Bourigeaud et Sarr se sont régalés avec beaucoup de versatilité.

Il est certain que nos phases de transition et l’animation défensive sont moins performantes avec un plan de jeu offensif de possession que lorsque l’on opte pour notre fameux jeu direct nord-sud où notre bloc est rarement mis à défaut par l’absence de déséquilibre numérique.

Lassé par l’animation défensive, Patrice Garande a finalement vite changé de système en seconde période. C’est le deuxième match consécutif à domicile où Malherbe encaisse deux buts dans le jeu et c’était le deuxième match consécutif à domicile où la possession de balle nous est favorable.

A la 61ème, Sankoh est remplacé par Bennasser et Avounou par Stavitski. Le dispositif mute en 1-4-3-3. Guilbert passe à gauche et Genevois devient latéral droit. Je pensais que Fred Guilbert allait en profiter pour faire des courses vers l’intérieur en profitant d’être faux pied. Ce ne fut pas le cas.

Ce changement a fait énormément de bien. La maîtrise technique de Bennasser a apporté un confort et des temps de possessions plus long. Avec un plan de jeu offensif, son absence faisait défaut. Durant les trente dernières minutes, les occasions se sont multipliées.

Avec deux pénaltys ratés qui équivalent à 1,5 expected goal, Caen termine avec 3,34 expected goals contre 1,39 subis, de quoi nourrir (encore) des regrets. L’absence de finition est le maître mot de cette saison. Il s’agit du match avec le plus d’xG favorable depuis le début de la saison.

https://www.dailymotion.com/video/x6eyqf2

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Rennes a-t’il eu raison de licencier Christian Gourcuff et Philippe Montanier ?

Le 30 septembre dernier, le stade malherbe revenait du Roazhon Park avec les trois points, enfonçant Rennes dans une crise sportive mais aussi crise de gouvernance. Rennes est alors 15ème avec un bilan d’1 victoire, 3 nuls et 4 défaites.

Christian Gourcuff est sous le feu des critiques. Fans et médias s’en donnent à cœur joie. Le technicien breton est jugé trop rigide et passéiste avec son immuable 1-4-4-2.

Piqués au vif, les rennais se réveillent au mois d’octobre avec 4 victoires et 1 défaite. Mais le destin du coach est lié à celui du président Ruello. Ce dernier démissionne le 3 novembre au soir de la victoire face à Bordeaux ne supportant pas d’être un président non exécutif. Son successeur, Oliver Letang limoge Christian Gourcuff quelques jours plus tard pour le remplacer par un quasi novice : Sabri Lamouchi.

Si les chiffres ne peuvent être les seuls juges de paix, leur analyse peut confirmer ou infirmer le diagnostic de la gouvernance qui envisage une séparation avec son entraîneur. Et Rennes est une bonne étude de cas car depuis deux ans, Rennes a connu quatre entraîneurs différents avec deux remplacements en cours de saison.

Pour juger de la pertinence du licenciement d’un entraîneur, les expected goals nous permettent d’évaluer objectivement la performance d’un club. En effet, l’étude des expected goals permet de mettre en exergue la capacité d’une équipe à performer sur le long terme, et dans le cadre d’un changement d’entraîneur, cela permet de répondre aux questions suivantes :

  • le club a-t-il bien fait de remplacer son entraîneur
  • et l’a-t’il fait au bon moment ?

Le graphique ci-dessous présente le suivi des expected goals nets, c’est-à-dire la différence entre les expected goals créés et les expected goals concédés. Pour lisser la volatilité et dégager une tendance, j’ai utilisé une moyenne mobile sur 10 matchs :

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Au regard de ce graphique, il est intéressant d’observer les performances pré et post départ d’entraineur.

Philippe Montanier licencié en étant sixième

Philippe Montanier a été licencié au soir d’une défaite en coupe de France face à Bourg en Bresse alors que Rennes était sur une bonne dynamique avec 1 seule défaite durant ses 10 derniers matchs de Ligue 1. Mais les performances des mois de septembre et octobre avait été moribonds : 2 victoires, 7 nuls, 2 défaites. C’est notamment la fragilité défensive qui était mis en cause passant d’une moyenne de 0,8 expected goals à 1,4 en dix journées. Le parcours à domicile ne plaidait pas non plus en faveur de l’ex coach valenciennois.

L’entraîneur est arrivé en Ille et Vilaine en mai 2013 avec une belle réputation. Son parcours linéaire et progressif enthousiasme les fans. Ses réussites à Boulogne sur Mer, Valenciennes puis la Real Sociedad plaident pour lui. A l’époque on comparait même le jeu valenciennois à celui de Barcelone.

Mais les suiveurs rennais pensent avoir été abusés. Le travail de Philippe Montanier n’est pas apprécié. La défaite en finale de coupe de France en 2014 contre Guingamp a laissé des traces.

L’avenir de Philippe Montanier s’inscrit en pointillé avec l’arrivée de Roland Courbis comme conseiller sportif le 12 janvier 2016. Personne n’est dupe.

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Et dix jours plus tard, Courbis sera nommé entraîneur principal alors que la dynamique est bonne. Rennes est alors sixième du classement… Roland Courbis surfe sur la vague jusqu’en avril : 6 victoires, 2 nuls et 3 défaites. Puis, les joueurs rennais vont saboter leur fin de saison en engrangeant seulement 1 point lors des six dernières rencontres. Ils finiront 8ème derrière les caennais.

Christian Gourcuff licencié en étant dixième

Christian Gourcuff revient à Rennes en mai 2016 après un premier passage en 2001-2002. Son arrivée était pressentie depuis plusieurs mois. Lui qui avait encore en travers de la gorge son éviction en 2002, semble vouloir boucler la boucle et conduire un projet inachevé. Alors que plusieurs offres lui sont proposées, il opte pour le projet rennais car il pense pouvoir s’investir à 100% dans un climat relationnel serein.

Christian Gourcuff est une personnalité très inspirante pour les passionnés de tactique et apprentis entraîneurs. L’entraîneur breton ne partage pas l’idée du résultat à tout prix. La qualité de jeu est le principal objectif car c’est lui qui conditionne les victoires. A Lorient et ailleurs, il s’est toujours focalisé sur les moyens d’atteindre une ambition de jeu très élevée base du plaisir.

« Le FCL s’efforcera toujours de soigner la manière par respect des joueurs, du public et du football, à l’extérieur comme à domicile. C’est la seule façon de progresser. La recherche du résultat à tout prix c’est la mort du football »

A Rennes, pour atteindre cet idéal, Christian Gourcuff va de nouveau déployer un schéma tactique en 1-4-4-2 à plat comme à Lorient. A ses yeux, c’est le seul système suffisamment rationnel pour occuper les espaces et pour la gestion des transitions défensives-offensives. Christian Gourcuff n’adapte jamais son dispositif selon l’adversaire. Il va en revanche prendre en considération les problématiques posées par l’adversaire pour y trouver des réponses avec le 1-4-4-2. Il prône les bases d’un jeu de mouvement, où l’équipe se déplace comme un seul homme. Un système où chacun se couvre mutuellement.

Esthète du football, inspiré par Sacchi, avec Lorient comme incubateur, l’entraîneur breton voulait inscrire ses convictions à Rennes. Pourtant l’histoire s’est répétée, Christian Gourcuff se fait licencier en novembre 2017.

Le début de saison lui sera fatal. Le duo Ruello-Gourcuff est fragilisé par une mauvaise entame en ligue 1. Et on connait tous la suite de l’histoire.

Les intérêts politiques l’emportent sur le projet de jeu

Les décisions de licencier Philippe Montanier et Christian Gourcuff ont toutes les deux été prises à des moments où l’équipe tournait bien, où une dynamique positive était en cours.

Si ces décisions paraissent injustes pour les coachs en question, elles ont le mérite de ne pas mettre en difficulté leur successeur. Sabri Lamouchi l’a très bien compris et n’est pas venu pour tout révolutionner. Cela commence par le 1-4-4-2 à plat qui continue sa vie même après le départ de Christian Gourcuff.

Philippe Montanier et Christian Gourcuff ont tous deux péché par naïveté et sont tombés à cause d’intérêts extra-sportifs. Tous les deux étaient éloignés d’une recherche de résultat à tout prix.

Leur vision semblait partagée par leur président mais pas par leur actionnaire majoritaire.

François Pinault, deuxième propriétaire d’un club de football le plus riche de la planète mais huitième budget de ligue 1, a appliqué ses convictions. Des convictions qui jusque là n’ont abouti à aucun titre…

Sources

http://statsbomb.com/2017/07/trend-ing-topics-how-basic-data-vis-can-show-incredibly-important-football-info/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Montanier

http://www.stade-rennais-online.com/Christian-Gourcuff-l-esthete.html

Comment regarder un match de foot ?

 

@Guingamp, le débrief à froid

Mister Ménou avait vu juste avec sa prédiction de match nul sans but et j’espère que vous aurez apprécié la rencontre avec un œil différent et que vous vous serez enthousiasmé malgré le score nul et vierge.

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Les plans de jeu

Comme on pouvait s’y attendre, Caen a préféré défendre de manière compacte en densifiant l’axe pour se projeter rapidement vers l’avant dès la récupération du ballon. La possession de balles a donc été favorable aux guingampais avec 64% et 649 passes.

Patrice Garande a opté pour un 1-5-3-2 en situation de défense ce qui a gêné considérablement l’animation offensive des guingampais.

Antoine Kombouaré a aligné de nouveau un schéma en 1-4-2-3-1 avec une bonne assise défensive mais comme indiqué avant le match, les joueurs bretons sont beaucoup plus dangereux lorsque des situations de transitions rapides se présentent. Malherbe ne lui a jamais offert ce type d’opportunités en prenant très peu de risques hormis sur les coups de pied arrêtés où les défenseurs centraux caennais étaient aux avants postes.

Guingamp a éprouvé les pires difficultés pour se montrer menaçant lors d’attaques placées. Les joueurs bretons ont été incapable d’apporter une supériorité numérique avec un jeu de possession malgré l’apport de Grenier. Les défenseurs centraux et le double pivot se sont peu projetés. Antoine Kombouaré pestait d’ailleurs contre l’absence de prise de risque de ses joueurs.

L’absence de Diallo a clairement fait défaut et c’est tant mieux pour Malherbe. Lorsque l’on observe la carte de positionnement et le circuit de passes, on s’aperçoit que les quatre joueurs offensifs guingampais ont touché très peu de ballons et étaient très proches de la ligne médiane. Caen, en respectant ses fondamentaux a encore prouvé qu’elle était une équipe difficile à manœuvrer (pour ne pas dire chiante à jouer !).

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Les regrets caennais

L’hyper verticalité caennaise aurait du payer encore une fois. De nouveau, le Stade Malherbe n’aura pas su convertir ses occasions créées car au regard des expected goals, Malherbe domine avec 0,96 xG contre 0,28 xG pour Guingamp :

La situation la plus qualitative restera celle de Romain Genevois sur corner à la 78ème : 0,35 xG. Mais le leader incontesté des situations de tirs qualitatives sur ce match est un nouveau venu : Stef Peeters. Ce dernier aura tiré quatre fois pour un total de 0,38 expected goals. Cela faisait depuis le 9 septembre qu’il n’avait pas tiré au but. Sa shooting map :

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On le connaissait jusque là pour sa qualité de passes notamment sur coup de pied arrêté, on ne l’avait pas encore vu se projeter autant vers l’avant. Il semble avoir assimilé la philosophie de jeu caennaise après avoir été couvé par Patrice Garande cet automne.

C’est le troisième match consécutif de Ligue 1 où le joueur belge est titularisé sans sortir en cours de match et ses prestations sont clairement encourageantes : 0,38 xG+0,53 xAssists soit 0,32 xG+xA de moyenne. Si on y ajoute une sécurisation défensive plus limpide que lors des matchs face à Nantes et Saint-Etienne, nous ne sommes pas loin d’avoir le joueur du match caennais.

Comment battre Guingamp ?

Le match de samedi face à Guingamp vaudra le détour car les hommes d’Antoine Kombouaré seront revanchards en recevant Caen car ils ne voudront pas enchaîner une troisième défaite consécutive au Roudourou. Pis, Guingamp n’a gagné aucune de ses 5 dernières rencontres face à Caen en Ligue 1.

Les joueurs bretons vont donc tenter de corriger cette anomalie face à un adversaire qui le précède de deux points au classement. Guingamp est aujourd’hui 9ème de Ligue 1 avec 32 points (9 victoires, 5 nuls, 10 défaites). Selon les expected points, Guingamp devrait être 13ème (tandis que son adversaire du soir devrait être 8ème). Cet écart provient notamment de la dernière victoire arraché par les guingampais face aux rennais en toute fin de match. Dominé, Guingamp s’était procuré 0,7 expected goals et en avait concédé 1,98. Le but incroyable de N’Gbakoto à la 91ème a eu raison des statistiques et c’est tant mieux pour le football (et tant pis pour les rennais…).

C’est tant mieux pour le football et pour les guingampais qui sans cette victoire serait en crise. Puisqu’entre la 21ème et la 23ème journée, ils ont enchainé 3 défaites (dont deux à domicile donc) face à Lyon, Amiens et Nantes. Ce n’est pas leur première période de creux, les bretons ont déjà connu une période entre la 10ème et la 15ème journée avec 0 victoires, 3 nuls et 3 défaites.

Lors du match aller, les deux équipes s’étaient neutralisées avec zéro but inscrit. Caen s’était procuré 0,82 expected goal contre 0,23 pour Guingamp. Ivan Santini et Ronny Rodelin avait notamment raté deux grosses occasions sur deux centres de N’kololo.

Les dernières visites au Roudourou se sont globalement bien déroulées pour Malherbe. La dernière défaire remonte au 3 décembre 2014. Alors Comment prendre le dessus sur Guingamp version 2018 ?

L’identité de jeu

L’identité de jeu guingampaise s’appuye sur une bonne assise défensive, avec un bloc médian et dense forçant l’adversaire à prendre des risques. L’animation offensive est voulue très mobile et réactive à la récupération pour une recherche de la profondeur en prenant l’attaquant central comme point de fixation. Le circuit de passe permet la recherche d’un troisième homme libre souvent lancé vers la profondeur.

Le dispositif tactique

Jusqu’au mois de novembre, Antoine Kombouaré a longtemps cherché la bonne formule de départ pour animer son plan de jeu. Alternant le 1-4-4-2 à plat, le 1-4-3-3 et le 1-4-2-3-1, le coach breton a finalement arbitré pour ce dernier schéma le 2 décembre dernier à Troyes lors de la 16ème journée. Comme vu plus haut, avant ce match, Guingamp restait sur 3 nuls et 3 défaites lors des six dernières journées.

Compositions des 24 premières journées

Le 1-4-2-3-1 a permis à Guingamp d’assurer un équilibre défensif et d’enchainer les bonnes performances durant les cinq rencontres suivantes : 4 victoires, 1 nul, 8 buts inscrits et 1 but encaissé.

Equipe type en 1-4-2-3-1 :

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L’animation défensive :

A la perte du ballon, Guingamp privilégie la densité avec une ligne de quatre défenseurs et de cinq milieux pour gêner l’adversaire, l’étouffer et le forcer à prendre des risques.

Afin de maîtriser le milieu de terrain et presser l’adversaire, le double pivot devant la défense est composé le plus souvent de Deaux et Diallo. Leur complémentarité et leur communication permet d’assurer l’équilibre de l’équipe. Ils servent de lien entre la défense et l’attaque. Ils se retrouvent face à une opposition dans une zone axiale. Diallo joue plus bas que Déaux et a un rôle de sentinelle. Il abat un gros volume, dispute de très nombreux duels et peut être qualifié de joueur box to box avec une capacité à se projeter dans la surface très intéressante (et inquiétante !). Il est ainsi deuxième meilleur buteur de son équipe avec 4 buts. L’an passé, il avait déjà inscrit 5 buts et délivré deux passes décisives. Tous ces buts ont été inscrits dans le jeu.

shotmap de Diallo depuis deux saisons :

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Pour compléter l’animation défensive, les deux joueurs de couloirs se repositionnent vers l’axe pour le densifier , face au jeu.

Le nombre d’actions défensives par possession est bon : 45,6, 4ème de ligue 1. C’est dû notamment au gros volume d’interceptions : 14,6 par match, 1er de ligue 1. Les deux défenseurs centraux Kerbrat et Sorbon sont très bien classés dans cette catégorie : 1er et 5ème défenseur de ligue 1.

Guingamp autorise en moyenne 13 tirs adverses (moyenne de ligue 1) et fait de gros efforts pour que ces opportunités soient très peu dangereuses : 0,09 expected goals par tir, 4ème de ligue 1.

Ce qui tend à penser que Guingamp est extrêmement discipliné et la coordination défensive est très bien maîtrisée.

Grâce à cela, Guingamp aurait dû encaisser 28,34 buts mais a pourtant encaissé réellement 32 buts. Le gardien guingampais Johnsson est pourtant bien placé dans la hiérarchie de la ligue 1 : 3ème pour le total d’arrêts avec 76, 4èmepour les % d’arrêts avec 69% et 4ème pour les clean sheets avec 9 matchs. Mais l’écart entre les buts et les xGagainst provient de buts théoriquement peu qualitatifs mais tout de même encaissés comme celui-ci :

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L’animation offensive

Dans ce système, la connexion avec l’avant centre Briand est primordiale. La relation avec le joueur axial de soutien doit être excellente. Benezet joue ce rôle de 9 et demi.

Les deux milieux offensifs de couloirs sont Salibur et Coco. Ils sont chargés d’étirer la défense adverse. Les binômes latéraux-milieux de couloirs est également importante. Guingamp est une des équipes qui utilise le plus les côtés : 79% des ballons touchés, 4ème de ligue 1. Comme Caen, le jeu penche à gauche avec 41%.

Les milieux offensifs cherchent à jaillir rapidement dès la récupération du ballon afin de soutenir et offrir des solutions à Briand. Ce dernier sert de point de fixation pour remiser au meneur afin d’engager un troisième homme : un latéral ou un milieu de couloir. Un jeu en triangle où l’on recherche l’homme libre.

Briand excelle comme point de fixation. Sa mobilité est exemplaire.

Carte de chaleur face à Nantes

carte de chaleur briand

La densité au milieu de terrain permet à Guingamp de tenir le ballon : 49,7% de possession et 418 passes en moyenne par match contre 354 pour Caen.

Mais son animation ne permet pas de créer beaucoup de situations de tirs. Car les défenses adverses sont bien en place et gênent l’animation guingampaise. Elle préférera toujours les situations de transition rapide plutôt que des attaques placées. C’est pourquoi Guingamp frappe peu : 11 tirs par mach, 15ème de ligue 1. Mais ça ne veut pas dire que Guingamp marque peu : 25 buts inscrits, 11ème de ligue 1. Guingamp présente donc un taux de conversion moyen : 1 but tous les 11 tirs, 9ème de ligue 1. Guingamp ne tire donc pas à vue et sait se montrer patient : « Vole comme le papillon, pique comme l’abeille, et vas-y cogne mon gars, cogne. »

Pour illustrer le jeu guingampais et identifier ses forces et faiblesses, je me suis intéressé à deux matchs disputés ce dernier mois : la victoire 0-2 à Strasbourg et la défaite à domicile face aux nantais.

La victoire guingampaise à Strasbourg

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Comme vue plus haut, l’idée fixe de l’animation offensive bretonne est de rechercher le troisième homme libre grâce au point de fixation de l’attaquant axial Jimmy Briand.

Contre Strasbourg, le circuit de passes a très bien marché et très rapidement. Sur la passmap, on observe que Coco-Briand-Benezet et Salibur sont très proches ce qui a permis un circuit intérieur de passes entre les quatre joueurs les plus offensifs très volumineux.

A la Meinau, au bout de trois minutes, Guingamp va déployer ses principes de jeu :

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Benezet va traverser 50 mètres dans l’axe avant de lancer profondeur Briand qui va voir sa frappe du gauche arrêtée par le gardien strasbourgeois.

Quatre minutes plus tard, les guingampais ouvrent le score magnifiquement avec un circuit de passes hyperfluide :

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Le deuxième but est inscrit quasiment dans la foulée suite à une récupération très haute. La défense strasbourgeoise n’est pas en place et se fait punir par Bénezet.

Très réactif, les joueurs guingampais montrent une nouvelle fois leur qualité de projection.

Si contre Strasbourg, ce sont Coco-Benezet-Salibur qui sont titularisés, Kombouaré n’hésite pas à faire tourner son effectif sur les postes de milieux offensifs : Thuram, Camara, Blas et maintenant N’Gbakoto ont un temps de jeu non négligeable. Ces joueurs sont tous très complémentaires, ce qui permet une fluidité et une projection très intéressante. La répartition homogène des buts, passes décisives, expected goals et assists l’attestent :

tableau homogène

Une gestion de la concurrence très saine et surtout performante.

A Strasbourg, si on observe de nouveau la passmap et le positionnement moyen des joueurs, on observe que les autres joueurs de champ sont restés très prudent durant ce match et ont verrouillé rapidement le score après un avantage acquis très tôt.

La victoire nantaise au Roudourou

Intéressons nous au dernier match disputé à domicile face à Nantes. Un adversaire dont le plan de jeu est très proche du jeu caennais tant dans l’animation défensive que offensive.

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A la différence du match face à Strasbourg, on ne retrouve pas le circuit intérieur privilégié entre les quatre joueurs les plus offensifs. La fluidité n’existe pas.

Durant ce match, Nantes a répété ses gammes avec son plan de jeu instauré par Ranieri : un bloc très bas et dense avec en plus une agressivité rarement vue sur le porteur rare. Les canaris ont réalisé 62 actions défensives dont 35 tacles tentés (27 réussis), ont commis 17 fautes dont 11 en première mi-temps (3 cartons jaunes délivrés en 40 minutes).

Les milieux offensifs et Briand ont eu beaucoup moins d’impacts que d’accoutumée. Lorsque l’on observe la passmap, Deaux et Diallo n’ont pas pu faire le lien. Nantes en défendant bas et avec de l’intensité et de la densité, a annihilé les lignes de passes habituelles.

La coordination défensive est devenue leur marque de fabrique. Ils ont su cadrer l’adversaire et le diriger vers les côtés. La comparaison des cartes de chaleur entre le match face à Nantes et celui à Strasbourg est très parlante :

La titularisation de N’gbakoto à la place de Benezet n’a surement pas aidé. D’ailleurs une fois le but de Thomasson inscrit, le coach breton n’a pas hésité à faire le remplacement. En 60 minutes, N’gbakoto a touché 26 ballons. En 30 minutes, Benezet en a touché 23.

Pire, Nantes a profité d’une des faiblesses du 1-4-2-3-1 qui est l’espace existant entre les défenseurs et les deux n°6. Nantes l’exploite pour son premier but avec un appel dans le dos du milieu de couloir nantais sur une passe de son latéral venu se projeter :

but nantais

Que doit faire Malherbe ?

Faire comme Nantes ! En gênant la relation du double pivot avec les milieux offensifs grâce à une densité et une intensité (agressivité) axiale. A noter que Guingamp est une équipe peu agressive avec seulement 12,9 fautes par match.

L’espace entre les deux défenseurs centraux et les deux numéros 6 avec un décrochage de l’attaquant ou un déplacement des milieux de couloirs dans le dos des deux numéros 6 peut mettre à mal la densité axiale.

Le profil de nos attaquants pivots (Santini et Crivelli) correspond à ce besoin. Leur jeu dos au but entre les lignes pourra être bénéfique.

En revanche, Caen n’a pas encore su montrer des déplacements de ses milieux de couloirs vers l’intérieur dans le dos des milieux axiaux adverses. L’animation offensive caennaise privilégie des déplacements rectilignes des milieux excentrés proche de la ligne de touche. Ce sera donc un défi à relever.

Dans le cadre d’un 1-4-4-2 double pivot, nos milieux excentrés sont des mangeurs de craie et s’aventurent rarement vers l’axe. Seul Repas a démontré cette envie mais avec très peu de succès. Quant aux latéraux, on a très rarement vu des courses vers l’intérieur créant le surnombre au cœur du terrain (à l’exception de Guilbert lors de la réception de Marseille par trois fois).

Quant au 1-4-4-2 diamant, il n’existe pas de milieux de couloirs. Cela semble donc disqualifier ce choix pour samedi.

Autre levier à exploiter : les espaces sur les extérieurs côté ballon dans une transition offensive rapide puisque la participation d’un des deux excentrés et ou un latéral force un déséquilibre.

A la récupération, le joueur en possession du ballon devra relancer vers la zone extérieure d’où provient le ballon créant potentiellement une situation de supériorité numérique. Etant donné que le jeu guingampais penche côté gauche, ces types d’opportunités seront plus importants côté droit caennais. Un réel défi car le jeu caennais penche également côté gauche. Frédéric Guilbert et le potentiel milieu excentré droit devront se saisir de ces opportunités.

Dans l’animation défensive, Malherbe devra continuer à être compact et dense et se méfier de la recherche de jeu en triangle à partir de Briand. Guingamp a montré un réel savoir-faire dans son animation offensive car elle a marqué 20 de ses 25 buts dans le jeu ce qui le classe septième de ligue 1. Le dézonage de Briand va enquiquiner les défenseurs centraux. La communication et la couverture mutuelle entre défenseurs centraux et latéraux devront être efficientes.

Si Malherbe a été efficace dimanche dernier sur corner, Guingamp a jusqu’alors très bien défendu sur coups de pieds arrêtés n’encaissant que deux buts depuis le début de la saison. Elle est leader de ce classement à égalité avec Caen.

Caen a eu l’avantage de se frotter avec une animation en 1-4-2-3-1, dimanche dernier face à Nantes et le staff et les joueurs ont pu en tirer des enseignements notamment dans la transition défensive. Nous ne sommes évidement pas à l’abri d’un changement de système d’Antoine Kombouaré notamment au regard des dernières sorties peu convaincantes néanmoins j’ai hâte d’observer tout ce qui vient d’être dit.

Vivement samedi !

Sources :

Whoscored // understat // sofascore // statszone

 

Caen 3 – Nantes 2 : l’analyse

Le Stade Malherbe de Caen vient de remporter ce dimanche sa première victoire à domicile en 2018. C’est également la première fois que le club inscrit trois buts dans le même match cette saison. De quoi redonner le moral aux joueurs, staff et fans car avant ce match, Caen présentait la plus mauvaise série en cours en ligue 1 à égalité avec Strasbourg : 1 victoire et 4 défaites. Les trois points pris face à Nantes permettent de relancer une dynamique positive et de prendre cinq points d’avance sur le 18ème et virtuel barragiste : Lille.

Cette victoire est en trompe l’œil car elle a mis en avant les même difficultés caennaises rencontrées depuis le début de la saison : la création (et la finition) d’occasions nettes dans le jeu. Les buts inscrits dimanche l’ont tous été sur coups de pieds arrêtés. Caen totalise donc toujours 10 buts dans le jeu (dont 2 CSC), 3 buts sur coups de pieds arrêtés, 5 penaltys : soit la 20ème, 15ème et 6ème place de ligue 1.

Caen retournera à l’entrainement revigoré mentalement mais avec les mêmes problématiques à résoudre.

Le 1-4-4-2 losange

Pour affronter Nantes, Patrice Garande a choisi d’aligner une composition de départ organisé en 1-4-4-2 ou 1-4-2-1-2 avec un milieu en losange comme face à Bordeaux le 16 janvier dernier. Car comme face à Bordeaux, le coach caennais s’attendait à tenir le ballon grâce à ses milieux car il pouvait anticiper sans se tromper que les canaris, fidèles à leur principe de jeu, laissent la possession à leur adversaire. Et il ne s’est pas trompé. Jusqu’à la 81ème minute et le but vainqueur de Da Silva, la possession était en faveur du Stade Malherbe avec 54%. Les 10 dernières minutes furent à l’avantage des nantais avec 74% de possession, mais les caennais résistèrent à l’orage.

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Des différences sont tout de même à noter dans le milieu en losange en comparaison du match face aux girondins. Sankoh n’était pas titularisé devant la défense, Bennasser endossait le rôle de milieu récupérateur et par ricochet les milieux excentrés étaient Peeters et Féret. Le milieu le plus avancé restait Ronny Rodelin. La densité axiale voulue aurait dû permettre de verrouiller l’axe mais le Stade Malherbe a tout de même encaissait deux buts dans le jeu provenant de deux passes clés en profondeur issues des half spaces.

Nantes a de nouveau montré tout son savoir-faire durant la rencontre. Elle a défendu de manière compacte et mobile. La coordination entre les joueurs fut impressionnante pour fermer les intervalles et pousser les caennais à utiliser les côtés.

carte de chaleur

Le système nantais utilisé pour rationaliser les espaces était un 1-4-2-3-1 :

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Le rôle des latéraux

Pour une fois, les ballons touchés côté droit ont été plus nombreux que côté gauche : 38,1 % contre 37,2%. Vincent Bessat s’est beaucoup moins projeté que son coéquipier Romain Genevois. Pourtant l’animation avec un milieu en losange repose pour beaucoup sur les latéraux car ils sont déterminants dans l’exploitation de la largeur du fait de la densité axiale.

Carte de chaleur de Romain Genevois vs Vincent Bessat :

 

L’apport offensif de Vincent Bessat mis en exergue dans sa ligne de stats ne plaide pas en sa faveur : 2 centres contre 8 pour Genevois

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Défensivement, Vincent Bessat n’a gagné que 5 duels sur 12 disputés et a perdu 4 ballons anormalement. Ses difficultés s’expliquent par la très bonne performance de son adversaire direct : Yacine Bammou qui a inscrit son nom deux fois sur le tableau d’affichage.

Sur le premier but, suite à une relance directe de Djidji dans un half space, Sala reçoit le ballon et entraîne avec lui Da Silva pour le cadrer.

Djiku suit le mouvement pour couvrir la zone et pour emmener le bloc défensif côté ballon mais libère de l’espace dans son dos.

Bammou s’engouffre dans l’espace créé alors que Vincent Bessat n’a pas libéré le côté opposé et n’a pas basculé côté ballon car il s’était écarté quelques secondes auparavant pour participé à l’offensive.

La couverture de Peeters est absente. Le losange n’est plus formé, il n’y a pas de densité axiale, le système n’est plus équilibré.

Sala revient dans l’axe et délivre une passe décisive en profondeur.

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Nantes vient encore de frapper avec une action typique de l’identité de jeu introduite par Ranieri. Le ballon chemine rapidement de la récupération à la finition en impliquant des joueurs ayant un gros volume athlétique capable d’assurer un repli défensif. Bammou sur l’action fait un sprint de 70 mètres !

Par un jeu direct, les joueurs nantais ont réussi à exploiter rapidement les espaces créés en court circuitant le rôle défensif des attaquants et milieux caennais lors d’une transition défensive caennaise mal maîtrisée.

Sur le second but nantais, après une séquence indigeste de ballons longs rendus des deux équipes, Adrien Thomasson exploite une mauvaise coordination des défenseurs caennais. Quatre défenseurs se tiennent en quelques mètres proches de Thomasson et Rongier. Vincent Bessat est attiré par la menace axiale de Rongier qui semble être délaissé par Djiku. Thomasson lit bien le jeu et délivre une passe décisive pour Bammou. Au regard de la situation de jeu, on peut s’étonner de l’absence de sprint de Peeters qui aurait pu coller Bammou.

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Par une récupération haute et un jeu encore une fois direct, la défense caennaise n’arrive pas à stopper l’action nantaise. Le repli défensif caennais et les couvertures mutuelles ne sont pas efficientes.

La complémentarité Rodelin-Santini-Crivelli

Dans le système en losange, la complémentarité entre ces trois derniers est indispensable. Hélas le Stade Malherbe s’est procuré seulement 0,38 expected goals dans le jeu, preuve que l’animation offensive n’a pas été performante.

Ronny Rodelin, dans un rôle de numéro dix devait se connecter avec les attaquants Crivelli et Santini. Ronny Rodelin a rendu une bonne ligne de stats : 65 ballons touchés, 32 passes réussies (76%), 2 frappes cadrées, 3 dribbles réussis /4, 9 duels gagnés sur 20.

En revanche les stats des deux attaquants sont perfectibles. Crivelli n’a pas pesé avec le ballon : seulement 18 ballons touchés, 6 passes (60%), 3 duels gagnés /12. Son jeu sans ballon aura néanmoins servi avec l’obtention d’un penalty d’abord mais il a surtout permis de soulager Santini.

Crivelli

Les défenseurs nantais ont dû surveiller et se battre face à deux joueurs aimant les duels notamment aériens. Ivan Santini a donc partagé son rôle habituel de pivot et  en a profité pour toucher plus de ballons que d’habitude (42). Mais son apport dans le jeu et sa finition ne furent pas au rendez-vous : 2 tirs (1 contré et 1 cadré frappé à plus de 40 mètres…). Cela ne l’a pas non plus empêché de perdre 9 ballons anormalement (5,6 en moyenne cette saison).

Dans l’animation d’un système en 1-4-4-2, un des deux attaquants doit décrocher, pour remettre soit au 10 soit à l’autre attaquant pour ensuite prendre la profondeur. Si on a vu de la mobilité chez Crivelli et Santini pour proposer une solution au porteur de balle, nous n’avons pas observé de combinaison.

Au regard du match de dimanche, la question de leur complémentarité risque d’être le fil rouge de cette fin de saison si Patrice Garande continue a les titulariser côte à côte. Car peut-on être complémentaire lorsque l’on est semblable ?

 

Sources : 

whoscored // sofascore

 

Caen doit-il changer ses principes de jeu ? L’exemple toulousain

Lors du dernier match face à Marseille, Patrice Garande a choisi de modifier son dispositif tactique. Échaudé par la faible animation caennaise lors de la réception de Lille, Patrice Garande avait déjà changé d’approche à Bordeaux avec un milieu en diamant.

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Face à Marseille, le coach caennais a opté pour le fameux 1-4-1-4-1 : 1 gardien, 4 défenseurs, 1 milieu défensif, 4 milieux et 1 attaquant. « Fameux » car c’est ce dispositif  qui a fait les beaux jours caennais lors des saisons 2014/15 et 2015/16.

Caen avait fini respectivement 13ème avec 46 points et 7ème avec 56 points. Sur l’année civile 2015, le bilan est de 61 points, ce qui le classe 5ème de ce championnat virtuel :

Classement Ligue 1 année civile 2015 :

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Avec un peu d’imagination, Caen aurait pu être repêché et joué l’Europa League selon les vainqueurs des coupes nationales !

Du jamais vu sous l’ère Garande. La preuve avec le graphique ci-dessous qui représente les points ELO du SMC depuis son intronisation :

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La méthode Elo est une bonne méthode pour juger de la performance des clubs et des nations. C’est d’ailleurs cette dernière qui est utilisée pour le classement FIFA féminin 

Fraîchement promu, le stade Malherbe étonnait son monde par son identité et ses principes de jeu : un bloc bas, compact qui à la récupération usait d’un jeu de transition direct et rapide aboutissant souvent à des actions chaudes.

Le 1-4-1-4-1, outil de cette philosophie 

Le onze type en 2014/15 et 2015/16 :

 

 

La réussite du 1-4-1-4-1 réside pour beaucoup dans le profil des milieux et de l’attaquant.

On dit souvent que ce système est défensif et que l’attaquant axé est fort esseulé. Il est bien vrai que sur le schéma il représente la seule et unique arme offensive. Il en est tout autre en réalité. La relation latéral-excentré existe afin d’obtenir des combinaisons sur les côtés et d’obtenir des centres. Encore faut-il avoir de la présence devant le but (cela vous rappelle quelque chose ?).

« La tactique, c’est l’art de coordonner l’action de chaque joueur afin d’atteindre un objectif, objectif de jeu avant celui de résultat. La philosophie, ou plus simplement la conception du sport, induit des principes de jeu qui se traduisent par des choix tactiques qui mettent en application ces principes. L’équipe doit être une : unité de pensée d’abord puis unité d’action dans laquelle chaque joueur connaît son rôle et celui de ses partenaires pour une harmonie et une efficacité maximales. La tactique dépasse très largement le choix d’un dispositif. » Christian Gourcuff

Aujourd’hui, le 1-4-1-4-1 a disparu (à l’exception du match face à Marseille) mais pas l’identité de jeu caennaise prônée par Patrice Garande. À l’heure où beaucoup critique l’animation du plan de jeu caennais (trop défensif, trop de centres, pas d’actions qualitatives…), il est intéressant de regarder dans le rétroviseur de la ligue 1 et de s’intéresser au club de ligue 1 qui avait les mêmes principes de jeu et qui a mué pour une vision plus offensive sans changer d’entraîneur : le Toulouse d’Alain Casanova.

Le téfécé, comme malherbe

Afin de détecter un clone de Malherbe en terme d’identité de jeu, j’ai recherché les potentiels clubs qui avaient eux aussi utilisé le système 1-4-1-4-1 de manière durable. Depuis la saison 2005/06, 581 compositions de départ ont été planifiées selon le 1-4-1-4-1. Toulouse est l’équipe qui a le plus utilisé le 1-4-1-4-1 avec 88 compositions de départ, le deuxième club étant le Stade Malherbe de Caen avec 78 matchs.


Je me suis donc intéressé à l’histoire toulousaine du 1-4-1-4-1 ainsi qu’à l’homme qui a instauré ce schéma : Alain Casanova, entraîneur des violets durant sept saisons de 2008 à 2015. Longtemps dans l’ombre au sein du TFC, j’ai découvert un entraîneur qui gagne à être connu notamment par son approche globale du football professionnel qui est éloignée des codes et standards français.

La périodisation tactique

Alain Casanova est le premier spécialiste français de la périodisation tactique, méthode révélée par Mourinho lorsqu’il coachait le FC Porto et aujourd’hui développée par tous les tops entraîneurs (y compris Guardiola).

La paternité de la périodisation tactique revient au professeur Victor Frade, directeur du développement méthodologie du Fc Porto et professeur d’université.

Pour les néophytes, la périodisation tactique est une approche globale de la dynamique du jeu où l’on cherche à améliorer tactiquement le projet de jeu, le système et l’organisation de l’équipe en responsabilisant le joueur. C’est un système d’entraînement complexe visant à développer le projet de jeu appelé « modèle de jeu » lors de chaque séance tout en intégrant les facteurs présents lors d’un match à savoir :  le physique, la tactique, la technique et le mental. En plus de cette interaction, l’entraîneur doit avoir en tête un modèle de jeu bien défini qui va permettre de créer des certitudes chez ses joueurs.

L’objectif unique commun est de donner à l’équipe les moyens de gagner en permettant à tous les joueurs de lire le jeu de la même manière, de répondre collectivement aux problèmes posés par l’adversaire. A partir de ses idées de jeu et des caractéristiques individuelles des joueurs, des grands principes, des sous-principes et des sous-sous-principes vont être choisis et développés.

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Les relations tactiques entre tous les éléments de l’équipe sont travaillées à travers le moindre jeu, exercice ou situation à l’entraînement : Toros, jeux de position…

La périodisation passe par une planification accrue de ces séances de la part du staff. Les joueurs savent dès le lundi ce qu’on attend d’eux pour la semaine à partir d’éléments pédagogiques sur le terrain et en dehors notamment par la vidéo ou les stats.

Les joueurs développent des réflexes et des repères indispensables pour dominer tactiquement le match et comprendre le sens de leur travail. Une méthodologie qui a créé des monstres collectifs et tactiques qui subliment les individualités par le collectif : ce sont le FC Porto de José Mourinho ou l’Atlético Madrid de Diego Simeone.

La périodisation est donc un moyen d’acquérir un modèle tactique où les joueurs sont tactiquement conscients.

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Alain Casanova s’appuie sur cette méthode et va très rapidement fédérer et imposer sa patte au TFC en instaurant une identité de jeu assez marquée : le TFC privilégie la défense avec un bloc équipe compact côté ballon fermant tous les espaces entre le milieu et la défense. Les milieux répètent les courses et tentent d’éviter toute prise de vitesse adverse et empêcher tout reversement de jeu. A la récupération, on compte sur un jeu de transition rapide où le seul attaquant aligné doit être mobile et se rendre disponible. L’attaque toulousaine vise le pragmatisme avec une activité offensive passant principalement sur les côtés. Une identité qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle du Stade Malherbe de Patrice Garande. Le profil de Santini semble en revanche éloigné ce qui peut expliquer que les performances sont aujourd’hui moindres.

Les joueurs du TFC sont des joueurs avec un gros volume athlétique pour s’imposer dans les duels et assurer un bon niveau de pressing : Capoue, Sissoko…

La première saison de Casanova est une réussite. En 2008, on ne parle pas encore d’utilisation du 1-4-1-4-1. Casanova opte pour un 1-4-3-2-1. Les trois milieux devant la défense sont Siriex-Capoue-Sissoko. Gignac est aligné en pointe. Toulouse terminera à la quatrième place de la Ligue 1 et se qualifie ainsi pour l’Europa League. Une saison presque parfaite à une élimination près en demi-finale de Coupe de France au Stadium contre Guingamp. Elle terminera meilleure défense avec 27 buts encaissés, 7ème attaque avec 45 buts inscrits. Gignac termine meilleur buteur avec 24 buts soit 53% des buts toulousains.

La belle histoire ne se répétera pas. Toulouse termine 14ème un an plus tard tout en restant meilleure défense, puis lors des saisons suivantes son classement oscillera entre la 8ème et 10ème place (8e, 8e, 10e, 9e). Un classement final honorable pour le 12ème budget de ligue 1.

C’est lors des saisons 2011/12 et 2012/13, où l’on observe plus fréquemment le 1-4-1-4-1 avec Capoue en sentinelle devant la défense. Ce dernier est à son aise dans un rôle de milieu récupérateur technique.

« Quand on a commencé il y a quatre ans, on a mis en place un système en place par rapport aux profils qu’on avait. Si il n’y avait pas Capoue, je pense que ce système-là n’aurait pas existé. »  Alain Casanova, tfc.info

Le facteur clé de succès d’un dispositif tactique réside toujours dans le profil des joueurs dont un coach bénéficie. L’ancien coach du TFC reconnait que sans Capoue, le 1-4-1-4-1 n’aurait pas existé. Il est certain également que sans milieu sachant jouer en profondeur, sans attaquant rapide ou mobile, ce dispositif ne permet pas de réaliser de bonnes performances. Au mieux, elle permet d’espérer d’accrocher un clean sheet. De quoi donner réflexion au SMC.

Usé, le jeu du TFC est devenu très prévisible au fil des saisons. Lors de la 35e journée de la saison 2012-2013 (4 mai 2013) et alors que le TFC n’a plus gagné à domicile depuis la 21e journée (19 janvier 2013), Alain Casanova prépare la saison suivante et surprend les observateurs en changeant son schéma tactique : il passe du 1-4-5-1 réputé peu offensif et centré sur Etienne Capoue (alors sur le départ) pour un 1-3-5-2 inédit et offensif. Ce changement se traduira par 3 victoires sur les 4 derniers matchs de la saison et le nouveau système deviendra le système de base pour les saisons à venir.

La motivation de cette décision, Alain Casanova la justifie par un mélange de conviction personnelle, d’optimisation du potentiel de son effectif et d’identification aux principes d’une autre équipe : la Juventus Turin.

Selon ses dires, l’équipe toulousaine jouait de plus en plus avec la volonté d’avoir le ballon, avec des joueurs qui participaient davantage notamment les latéraux. À la perte de balle, Toulouse était souvent fragilisée. Le jeu de position n’était pas assez performant. Les lignes étaient étirées. Ils étaient trop vulnérables sur leur transition défensive. Enfin, Alain Casanova avait la conviction que Wissem Ben Yedder était bridé. Il avait pourtant marqué 15 buts en ligue 1 la saison passée mais il pensait qu’il pouvait apporter plus dans un système à deux attaquants.

L’aventure du 1-4-1-4-1 au TFC venait de s’achever. Elle aura permis de mettre en lumière des joueurs bientôt renommés tels que Moussa Sissoko, Etienne Capoue, Franck Tabanou, Aymen Abdennour, Serge Aurier et Wissam Ben Yedder.

La saison suivante, avec un nouveau plan de jeu plus offensif, Toulouse terminera 9ème en 2013/14. Mais la saison 2014/15 sera la dernière pour Alain Casanova. Il se fera limoger en mars 2015 alors que Toulouse est relégable. Le bilan des années Casanova à Toulouse est le suivant : 298 matchs, 108 victoires (36%), 80 nuls (27%), 110 défaites (37%).

On peut se poser la question de la pertinence de la modification des principes de jeu du TFC avec le recul car aujourd’hui, les performances toulousaines sont très éloignées des performances de l’ère Casanova. En reniant ce qui avait fait le succès du club entre les saisons 2008 et 2013, Toulouse s’est mis en difficulté. Et si Casanova justifie sa nouvelle approche par une mutation déjà entamée, on peut se demander s’il n’a pas succombé à la pression extérieure qui raillait son équipe jugée trop défensive comme l’explique l’article ci-dessous :

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Des similitudes avec Caen

Patrice Garande essuie les mêmes critiques que celles de Casanova à l’époque : prévisible, rigide, peu moderne, défensive… et l’envie des fans de voir modifier le plan de jeu n’a jamais été aussi forte.

Pourtant modifier son identité de jeu lorsqu’elle est aussi marquée que celle de Caen ou Toulouse n’est pas sans risque. Le SMC (et ses fans) aurait tout intérêt à se pencher sur cette expérience toulousaine et de mesurer l’impact que pourrait avoir un tel changement puisque Caen possède la même identité de jeu aujourd’hui que celle du TFC en 2012/13.

Même s’il semble peu probable que Patrice Garande modifie ses principes de jeu en-cours de saison, son éventuel départ fin juin posera la question de la modification de la philosophie de jeu avec l’arrivée d’un remplaçant car il existe beaucoup trop d’échecs industriels récents l’illustrant : Saint-Etienne avec Garcia et son approche cruyffiste, Lille avec Bielsa…

Et en même temps, on peut se demander si les derniers recrutements ne vont pas forcer volontairement ou non à cette modification de principes de jeu. Peeters, Repas, Stavitski ne semblent pas être les profils idéals pour un jeu défensif, athlètique où on recherche une hyperverticalité. Caen serait il en train de préparer un retournement ? TRUST THE PROCESS ?!

En attendant, le débat passionné sur le meilleur dispositif à utiliser pour le SMC au regard de son identité de jeu demeure. Mais comme toujours, l’important ce n’est pas le système mais l’animation.

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Sources

http://www.football-lineups.com

http://www.tfc.info/saison-2011-2012

https://www.lesviolets.com/

http://www.poteaux-carres.com/article-C5920160113213335-4-4-2-ou-4-1-4-1.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Classement_Elo

Vestiaires magazine, n°56

Comment regarder un match de foot

http://entrainementfootballpro.fr/introduction-a-la-periodisation-tactique

http://yourzone.beinsports.fr/football-toulouse-la-revolution-3-5-2-48649/