Le classement non officiel après 14 journées

clasCe qu’il faut retenir :

  • Caen est la 2ème plus faible attaque : 10 buts marqués
  • Caen est la troisième plus forte défense : 14 buts encaissés
  • Caen aurait dû marquer 15,9 buts ce qui fait un écart de -5,9 buts => deuxième plus gros écart derrière Metz
  • Caen aurait dû encaisser 17,4 buts ce qui fait un écart de 3,4 buts => deuxième meilleure performance derrière Montpellier et son gardien Benjamin Lecomte, ce qui fait résonnance avec les propos de Nicollin
  • Selon les expected points, Caen devrait être 10ème

 

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SMC Facts J14 : v Bordeaux

Ce qu’il faut retenir de la rencontre face à Bordeaux :

  1. Caen a respecté son plan de jeu à une différence
  2. Santini a marqué dans le jeu
  3. Vercoutre a encore réalisé une excellente performance

1/ Caen a respecté son plan de jeu à une différence

Lorsque l’on étudie les différentes composantes statistiques, on retrouve le plan de jeu habituel malherbiste : un jeu direct fait de passes vers l’avant le plus souvent longues.

Mais à une différence près, Caen a peu centré : seulement 18 centres. Son deuxième plus faible total  :

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Le jeu caennais était donc moins stéréotypé, semblant plus fluide avec un ressenti où Caen pouvait apporter le danger en surprenant son adversaire de différentes façons.

Cette modification du plan de jeu provient surement du but caennais inscrit dès la 23ème minute. Les caennais n’ont pas couru après le score contrairement face à Nice. Ils se sont donc moins précipités.

2/ Santini a marqué dans le jeu

Ivan Santini a assuré le SAV de mon précédent article. En particulier au sujet des opportunités manquantes entre le point de penalty et le gardien adverse provenant de centres.

Ronny Rodelin a pu trouver Ivan Santini dans cette zone (pointe gauche du losange) :

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3/ Vercoutre a encore réalisé une excellente performance

Caen aurait dû encaisser 1,22 but salon les expected goals. C’était sans compter sur Rémy Vercoutre qui est en train de réaliser sa meilleure saison : 17,93 xG subis pour 14 buts réellement encaissés. Il est deuxième selon les xG différence derrière Benjamin Lecomte de Montpellier.

 

Comment juger le rendement d’Ivan Santini ?

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//La qualité de ses occasions

Afin de juger si Ivan Santini bénéficie des mêmes conditions de frappes et donc des mêmes conditions de marquer, j’ai décidé de comparer ses situations de frappes dans le jeu de cette saison avec celle de l’année précédente. Ses situations « dans le jeu » représentent 80% des occasions d’Ivan Santini ce qui représente un bel échantillon.

L’analyse de la distribution des expected goal par 90 minutes est pertinente afin de juger de l’hétérogénéité qualitative des frappes :

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1/ Dans le jeu, la majorité des occasions d’Ivan Santini ont une probabilité de réussite inférieure à 50% que ce soit cette saison ou la saison dernière. 7 buts avaient été inscrits l’an passé. Aujourd’hui Ivan Santini n’a pas encore converti ses possibilités en buts alors qu’il aurait dû le faire. Ivan Santini est responsable de cet écart car les qualités d’occasions sont identiques à la saison passée. L’origine de cet écart provient du très grand nombre de frappes arrêtées :

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Pour les opportunités dont la probabilité de marquer est inférieure à 50%, déjà 9 frappes arrêtées après 13 journées contre 11 pour toute la saison dernière ! Ivan Santini n’arrive plus à mettre le ballon hors de portée du gardien adverse.

2/ Au-delà d’une probabilité de réussite de 50%, une différence est identifiée. Cette saison, Ivan Santini n’a bénéficié d’aucune action comprise entre 50% et 70%. En 2016/2017, Ivan Santini avait bénéficié de plus d’opportunités de ce type et avait pu les convertir en trois buts sur les 10 marqués dans le jeu. Ces opportunités sont aujourd’hui manquantes et jouent en défaveur de Santini.

       Etudions la carte des frappes de la saison passée :

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J’ai entouré d’un losange les occasions comprises entre 50 et 70%. L’origine de ces actions est systématiquement un centre ce qui est cohérent avec le plan de jeu caennais où les centres sont très nombreux.

Comparons avec les frappes de cette saison :

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1 seule action est comprise dans cette surface pour une probabilité de 45%.

Pourtant le plan de jeu caennais n’a pas changé, les centres sont toujours aussi nombreux, mais leur point de chute n’est plus le losange. Ils sont éloignés du gardien adverse. Pour rappel, le taux de réussite des centres qui atteignent la zone entre le point de penalty et le but est de 5,8% (cf. l’art de centrer sur cotéstats.fr).

Les raisons peuvent être diverses :

  • Un positionnement de Santini différent, plus éloigné du but adverse
  • Un mauvais timing
  • Un démarquage plus difficile avec une défense adverse resserrée
  • La mauvaise réalisation des centreurs
  • Le déclenchement à contretemps des centres (trop tôt, trop loin du but)

//L’énergie dépensée en amont de ses frappes

On pourrait imaginer qu’Ivan Santini s’épuise peut être un plus que la saison passée en amont de déclencher une frappe et pourrait aussi expliquer une projection vers le gardien adverse plus faible comme vu ci-dessus.

Par exemple, les duels aériens sont consommateurs d’énergie :

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Ivan Santini doit disputer 9,2 duels aériens par 90 minutes. Il est au 7ème rang. La moyenne en ligue 1 est de 5,6. La saison dernière, il en disputait 9 soit une différence peu significative.

En aparté, ci-dessous la matrice croisant les duels aériens avec le taux de duels aériens gagnés :

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Santini gagne 35% de ses duels (40% la saison passée) contre 68% pour Rodelin. Ce dernier est le deuxième des attaquants de ligue 1 derrière Toivonen. On comprend mieux pourquoi Vercoutre cherche en priorité Rodelin sur ses passes longues.

Autre type d’action où il peut surconsommer de l’énergie : les actions défensives :

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Ivan Santini totalise 2,4 actions défensives par 90 minutes. La moyenne en ligue 1 est de 2,1. En 2016/2017, il totalisait 2 actions défensives soit 20% en plus. C’est donc un facteur à prendre en compte.

Surtout si on met en parallèle ce facteur avec les conclusions ci-avant où j’ai pu démontrer que Santini bénéficiait de moins d’occasions proches du but adverse.

Cette sollicitation défensive plus importante peut expliquer la méforme du buteur.

//Ce qu’il faut retenir :

  • Ivan Santini devrait marquer plus au regard des expected goals
  • Sa précision et ses zones de tirs sont meilleures que la saison passée
  • Pour les opportunités dont la probabilité de marquer est inférieure à 50%, Ivan Santini arrive à cadrer ses frappes mais n’arrive plus à mettre le ballon hors de portée du gardien adverse
  • Il bénéficie de beaucoup moins d’occasions proches du gardien adverse
  • Il se consomme plus en amont de ses opportunités en menant plus d’actions défensives.
  • En se consommant plus, il se projette plus difficilement près de la zone de danger

Autant d’élément à prendre en considération, par les détracteurs actuels car un buteur n’est pas bon un jour et mauvais le lendemain par un simple manque de confiance.

Cet article tend à prouver que d’autres éléments factuels peuvent expliquer la méforme d’Ivan Santini.

Des actions correctives peuvent être menées par le club afin de le rendre plus performant.

Mais n’oublions pas que nous ne sommes qu’à 1/3 du championnat, Ivan Santini et ses coéquipiers ont encore le temps de renverser ses tendances.

 

Encore une fois, je tenais à remercier @malherbeplanete pour les infographies ainsi que @mrmenou. Sans eux, cet article n’existerait pas.

Sources :

whoscored // understat

Comment regarder jouer Mbengue ?

L’objectif de cet article est de donner, à vous comme à moi, une grille de lecture permettant de voir jouer Mbengue tel qu’il est, avec ses forces et ses faiblesses en toute objectivité et de confirmer ou d’infirmer mon ressenti.

L’idée que j’essaie de porter par l’intermédiaire de ce blog est de produire de l’information factuelle sur les performances du Stade Malherbe afin que le lecteur s’imprègne du sujet exposé pour en tirer quelque chose. Je ne veux pas être un commentateur supplémentaire donnant son opinion.

Depuis que je m’amuse à décortiquer les matchs du SMC, je regarde différemment les matchs. J’analyse leur identité de jeu, leurs fondamentaux, les profils des joueurs… Et désormais pendant un match de Malherbe, je ne m’ennuie plus !

En particulier dans l’évaluation des performances des joueurs. Je regarde s’ils sont en phase avec leurs points forts, leurs points faibles, leur positionnement… Et assez vite, je repère les incohérences qui le plus souvent sont des facteurs de contre-performance.

Il y a un joueur qui attire ma curiosité en ce début de saison, c’est la nouvelle recrue Adama Mbengue. Après m’avoir impressionné lors de ses deux premiers matchs par son dynamisme sur son côté gauche, ses dernières sorties m’ont rendu plus sévère sur ses performances.

L’objectif de cet article est de donner, à vous comme à moi, une grille de lecture permettant de voir jouer Mbengue tel qu’il est, avec ses forces et ses faiblesses en toute objectivité et de confirmer ou d’infirmer mon ressenti.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tenais à remercier @MalherbePlanete pour ses infographies et @MrMenou pour ses conseils avisés. Un grand merci !

Son rôle 

Adama Mbengue a été formé au poste de milieu. Et comme beaucoup avant lui, il est en train de se convertir en latéral.

L’évolution moderne du poste de latéral conduit de nombreux entraineurs à convertir des footballeurs qui n’ont pas reçu de formation initiale spécifique. Evra, Lizarazu, Vincent Bessat étaient dans le même cas.

Les latéraux doivent aujourd’hui savoir défendre mais pas uniquement. Un rôle plus offensif leur est assigné suite à la disparition des ailiers, ces derniers ayant disparus au profit d’une volonté de densifier l’axe du terrain.

Les latéraux doivent désormais surprendre l’adversaire en attaquant avec vitesse et venir créer une supériorité numérique.

Dans le plan de jeu Malherbiste, Mbengue suit cette trajectoire avec un positionnement haut sur le terrain :

1

A noter que Guilbert est également positionné haut quoique légèrement en retrait.

Son placement est facilité par la ligne de touche, il est rectiligne :

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On pourrait parler de mangeur de craie dans la plupart des matchs. Nous sommes très loin des consignes données par Pep Guardiola à ses latéraux (époque Bayern) qui n’hésitent pas à repiquer dans l’axe. Sur les huit matchs analysés, deux exceptions sont identifiées avec les rencontres contre Amiens et Monaco.

Il bénéficie d’un volume athlétique suffisant pour endosser ce rôle et touche d’ailleurs plus de ballons que son coéquipier latéral droit : 70 ballons en moyenne par 90 minutes contre 62.

Le jeu malherbiste ballons aux pieds offre une très grande place aux latéraux :

3

Les trois joueurs caennais touchant le plus de ballons sont par ordre décroissant : Mbengue avec 70 ballons, Féret avec 69 et Guilbert avec 62.

Retrouver Mbengue et Féret n’est pas incohérent avec le jeu caennais qui penche côté gauche depuis le début de la saison avec 41% des ballons touchés (fait identique avec la saison dernière et Vincent Bessat) :

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Seul Troyes affiche un déséquilibre encore plus important avec 45% de ballons touchés côté gauche.

Ses performances offensives

A la différence d’un milieu, Mbengue part d’un peu plus bas et fournit un grand nombre de centres depuis la ligne de touche : 3,9 centres tentés par 90 minutes. Son taux de réussite est de 26% :

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La moyenne de ligue 1 pour les latéraux est de 2,7 centres. Sans surprise, on retrouve les latéraux caennais au-dessus de la moyenne car le plan de jeu caennais est basé sur un grand nombre de centres. Le taux de réussite de Mbengue est bon avec un taux supérieur à la moyenne (18%).  Patrice Garande doit être très heureux de ces stats. Guilbert en revanche touche moins souvent sa cible.

Comme vous le savez, le plan de jeu du Stade Malherbe composé d’un très gros nombre de centres est très discutable car qualitativement les situations de tirs créées ont très peu de probabilité d’aboutir à un but (cf. article est-ce rentable de centrer).Malherbe totalise 136 passes clés (passes ayant abouti à un tir) dont 42 provenaient d’un centre soit 31%. Ces centres ont abouti a seulement une seule passe décisive.

Le volume de passes et le taux de passes réussies de Mbengue sont très faibles :

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30 passes pour 65% de réussite. Il est l’avant dernier de la classe (les centres ne sont pas compris dans ce comptage).

Pour aller plus loin dans l’analyse, regardons désormais la répartition entre passes longues et passes courtes, entre passes à plus de 25 mètres et à moins de 25 mètres :

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Mbengue tente beaucoup de passes longues et enregistre beaucoup de déchets avec 6,4 passes pour 25% de réussite. On remarque que de nombreux joueurs sont dans ce cas : au-delà de 4 passes longues tentées, le taux de réussite est en-dessous des 45%.

Mais que dire des passes courtes !

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23,9% pour 76% de réussite ! Il est avant-dernier de ce classement. Guilbert fait légèrement mieux avec 80%.

Comment expliquer ces déchets pour les latéraux caennais ? J’ai (de nouveau) consulté les stats de chacun des matchs de Mbengue et une des hypothèses peut être le nombre important de passes vers l’avant et ceux dans chacune des zones du terrain y compris dans les 30 derniers mètres adverses.

Le style de jeu caennais est un jeu direct avec des passes vers l’avant. Le SMC ne revient que très rarement en arrière. Même si la défense adverse est en place, les joueurs préfèrent tenter une passe vers l’avant risquée plutôt que de patienter et revenir en arrière pour lancer une attaque placée.

Comme autre hypothèse émise à confirmer lors du prochain match, c’est peut être l’absence de choix multiples de destinataires des passes. En d’autres termes, est-ce que les coéquipiers de Mbengue et Guilbert proposent des solutions peu risquées ?

Ces éléments pourraient expliquer la moyenne de passes consécutives très faible (rarement au-dessus de trois), ainsi que le temps par possession très court et de facto un taux de réussite de passes courtes très bas. Les joueurs cherchent la verticalité, ce qui signifie une prise de risques, un taux de passes réussies bas.

J’ai comparé pour les mêmes matchs, la structuration des passes de Guilbert. Il obéit aux mêmes règles : peu de passes en arrière, beaucoup de passes en avant. Pourtant il présente un taux de réussite plus important de 4 points ce qui montre que Mbengue doit progresser car sa qualité de passe courte est à améliorer indépendamment du style de jeu.

Un autre moyen de progresser dans cette catégorie, serait de modifier l’identité de jeu caennaise en demandant un peu plus de patience aux joueurs. Est-ce que Caen serait plus performant en étant moins jusqu’auboutiste dans son jeu direct ? La question est posée.

Le jeu ultra direct est justifié dans un jeu de transition pour pouvoir profiter des déséquilibres adverses. Ça l’est moins lorsque la défense adverse est en place. Le curseur doit être au bon endroit. Le processus de décision du joueur doit prendre en compte ces données.

Malgré cette faiblesse, Mbengue est un joueur agréable à regarder et spectaculaire. Il tente 3,4 dribbles par match ! Seuls Ferland Mendy de l’OL et Kenny Lala de Strasbourg tentent plus de dribbles. Le taux de réussite du joueur caennais est de 62% de réussite ce qui est dans la moyenne.

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Au regard de tous ces indicateurs, sa propension à mener des actions offensives est donc indéniable.

Sa valeur ajoutée offensive est bonne avec une contribution aux expected goals de 0,19 (ce sont le nombre de buts qu’un joueur ou une équipe aurait dû marquer — ou encaisser — selon les probabilités sur une période donnée) : 0,02 expected goals + 0,17 expected assists. Il est au dixième rang parmi les latéraux. A titre de comparaison, la contribution aux xG de Guilbert est de zéro.

La réussite n’est pas encore au rendez-vous. Mbengue s’active beaucoup mais ne totalise pas encore de passe décisive. Le meilleur reste à venir ?

Ses performances défensives

Côté défense, pour juger du volume, je me suis intéressé aux actions défensives suivantes : tacles tentés, interceptions et ballons contrés et l’on observe qu’il est un très gros tacleur.

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Mbengue est de nouveau en tête de ce classement côté caennais avec 9,3 actions défensives : 5,3 tacles, 1,9 interceptions et 1,7 ballons contrés. Guilbert est très proche de ce niveau.

Si on se réfère aux autres joueurs de ligue 1 :

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Mbengue se classe troisième derrière Rafael de l’OL et Aguilar de Montpellier. Pour l’anecdote, le dernier de ce classement est Patrice Evra.

Si on relativise ces données en fonction de la possession adverse (le volume des actions défensives est forcément moindre lorsque l’on joue au PSG puisque la possession du ballon est extrémement forte ; j’ai relativisé les données en fonction de la possession de chaque équipe pour les rendre comparable ; grosso modo un produit en croix pour arriver à des actions défensives comme si chaque équipe possédait le ballon à hauteur de 50%), on obtient :

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Dans ce cas, Dani Alves du PSG est premier ce qui signifie que le pressing parisien est intense. Mbengue est cinquième. Son volume défensif est bel et bien impressionnant.

Si on se concentre sur les tacles, l’impression est identique :

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Mbengue est au-dessus de la moyenne avec 5,3 tacles tentés par match pour 4,1 réussis soit 77% des tacles réussis. Il est très proche d’Alves.

Le volume athlétique de Mbengue est clairement très bon mais c’est insuffisant pour acter qu’il est un très bon défenseur.

D’autres paramètres sont à prendre en ligne de compte pour notamment juger de sa perméabilité aux actions adverses. Ainsi 40,5% des actions adverses se produisent de son côté sur les 8 matchs auxquels il a participé. La moyenne en ligue 1 est de 38,7%. Ce chiffre est à opposer aux 41% d’action caennaise qui se produise également de son côté.

Il est logique qu’une équipe qui attaque de manière plus prononcée côté gauche, s’expose à des actions adverses en plus grand nombre de ce même côté car l’adversaire va profiter du déséquilibre notamment dans un jeu de transition après avoir récupéré le ballon.

Surtout lorsque l’on sait que Mbengue perd un très grand nombre de ballons. Il rend un nombre trop important de ballons avec des pertes évitables :

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Il est hélas largement en tête de ce classement avec 4,2 pertes de balles : 2,4 contrôles ratés et 1,8 ballons dépossédés !

Mbengue a encore des efforts à faire.

Je commence à penser que les équipes adverses ont clairement identifiés Mbengue comme maillon faible de la défense caennaise. Lorsque que l’on regarde à la vidéo ses matchs, Mbengue est pris à défaut de trop nombreuses fois par un placement inapproprié.

1er cas à Lille avec un mauvais alignement car Mbengue se croit dernier défenseur :

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2ème cas de mauvais alignement à Monaco :

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Vous aurez remarqué qu’Adama tente d’aider l’arbitre assistant dans son rôle en levant le bras lors des deux précédents cas mais hélas il n’est pas joueur de l’OL

3ème cas sur le deuxième but face à Marseille. Thauvin file dans le dos de Mbengue pour marquer :

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4ème cas toujours face à Marseille :

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5ème cas face à Metz où Mbengue est en retard alors que le ballon est côté opposé :

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6ème cas Mbengue se retrouve très souvent en difficulté en position de dernier défenseur comme ci-dessous :

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7ème cas, le ballon est de son côté, il n’y a pas de situation de surnombre, ses coéquipiers sont en place, la probabilité que son adversaire soit destinataire de la passe est très forte pourtant Mbengue est loin de son adversaire. Cette action rennaise aboutira sur une action chaude, un tir heureusement non cadré et un recadrage explicite d’un coéquipier :

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En réalisant ce petit montage, j’ai été surpris du grand nombre d’actions défensives suspectes pour Mbengue. A titre de comparaison, je n’ai trouvé qu’une seule action chaude où Guilbert a été pris à défaut.

Tactiquement, il n’a pas encore acquis les bons réflexes de positionnement face à son adversaire direct et la couverture et la complicité avec ses coéquipiers peuvent poser question.

Avec des velléités d’attaque, un latéral ne doit pas être aspiré par le haut et il doit être conscient que le danger est de laisser de l’espace dans le dos. Le timing est la clef. Mbengue doit être conscient des points forts de ses équipiers et estimer s’ils peuvent couvrir l’espace que l’on ouvre en se joignant à l’attaque.

Les milieux défensifs doivent naturellement couvrir les espaces. Sauf que son coéquipier le plus proche n’est pas un milieu défensif. Julien Féret endosse le rôle d’animateur ; il a été autrefois un milieu défensif mais il n’est plus ce joueur (les cherbourgeois se souviendront). Il est très peu productif en termes d’actions défensives. Devant Mbengue, Repas n’est pas non plus d’une grande aide.

D’une manière générale, le couple Bennasser-Guilbert fonctionne mieux pour deux raisons :

  • Bennasser joue plus bas que Féret
  • Guilbert est un bon défenseur

Une solution au problème de couverture de Mbengue serait d’inverser Bennasser et Féret sachant que tous les deux sont droitiers.

Le seul match où un équilibre a semblé été trouvé est le match contre Metz. Mbengue et Guilbert ont pu toucher un très nombre de ballons haut sur le terrain avec lune compensation des montées des latéraux réalisées par Avounou et Kouakou.

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J’aimerais fortement revoir ces titularisations pour valider cette théorie.

Le risque observé (c’était déjà le cas avec Vincent Bessat) pour Mbengue est donc de ne pas être pris à défaut défensivement que ce soit par des lacunes défensives  soit par des lacunes tactiques (timing des montées par exemple).

Les latéraux sont de moins en moins jugés sur les duels gagnés et les observateurs se concentrent sur la plus-value offensive car les joueurs tels Daniel Alves sont devenus les profils types. Mais ce que l’on oublie c’est que Daniel Alves est également un excellent défenseur comme vu un peu plus haut.

Un équilibre doit être trouvé entre de très bonnes qualités défensives et de très bonnes qualités offensives.

Mbengue a également tendance à commettre beaucoup de fautes : 2,1 fautes par 90 minutes (4è rang parmi les latéraux de ligue 1) et 1 carton rouge :

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0,9 de ces fautes par 90 minutes sont réalisées dans les 30 mètres défensifs. A surveiller.

Ce qu’il faut retenir :

Mbengue a des qualités athlétiques au-dessus de la norme. Il a un grand volume défensif et aussi offensif.

Le poste de latéral lui va à ravir car il peut ainsi partir de plus bas et apporter le surnombre à très grande vitesse en n’hésitant pas à dribbler son adversaire.

Des lacunes défensives et techniques sont identifiées et il doit les corriger. Son positionnement défensif peut faire défaut, sa qualité de passe est médiocre et il perd anormalement des ballons.

Le Stade Malherbe dispose de latéraux différents. Côté gauche, un latéral athlétique prenant des risques et côté droit, un latéral défensif prudent qui mettra rarement son équipe en difficulté par ses montées.

En résumé, ses forces sont proportionnelles à ses faiblesses. Il a un fort potentiel avec un gros volume de jeu, mais ses lacunes techniques et tactiques influencent négativement le jeu offensif et défensif du Stade Malherbe.

Tableau forces//axes d’améliorations :

 

Forces

Indicateurs Résultat
Gros volume d’actions défensives tacles, interceptions ballons contrés 9,3 actions défensives
Respecte l’identité de jeu caennaise beaucoup de centres avec un taux de réussite suffisant 3,9 centres pour 26% de réussite
Tente l’effacement individuel grand nombre de dribbles et bon taux de réussite 3,64 dribbles pour 64% de réussite
Bonne contribution aux actions offensives contribution aux expected goals 0,19 xG
Axes d’améliorations Indicateurs Résultat
Son positionnement défensif vidéo beaucoup d’actions suspectes avec une couverture douteuse
Beaucoup de ballons rendus nombre important de contrôles ratés et ballons dépossédés 2,4 et 1,8 ballons perdus
Est agressif beaucoup trop de fautes 2,1 fautes
Attention à l’individualisme : nombre de dribbles importants grand nombre de dribbles 3,64 dribbles
Réussit peu de passes grand nombre de ballons long avec peu de réussite
peu de passes courtes réussies

6,4 passes longues
76% de réussite sur les passes courtes

J’espère que la lecture de cet article vous a plu et que durant le prochain match, vous penserez à @statmalherbe lorsque Mbengue déclenchera une offensive, réussira un centre, ratera une passe courte vers l’avant dans les 30 derniers mètres, manquera un contrôle, se fera piéger par l’appel d’un adversaire dans son dos, dribblera son adversaire ou encore taclera ses adversaires un grand nombre de fois.

Si tel est le cas, mes soirées sacrifiées n’auront pas été vaines !

Sources :

Whoscored.com // understat // Sofascore // Cotestats.fr // Comment regarder un match de foot // sofoot

 

 

SMC Facts J12 : vs Marseille

Faire esprit de synthèse lorsque l’on perd 5 buts à rien, ce n’est pas aisé en termes de statistiques car tous les voyants caennais sont évidemment au rouge.

J’aurai pu faire la longue liste de tous les compartiments de jeux où rien n’a été mais cela aurait été une perte de temps.

Et étant donné que depuis 24h, tous les yeux sont focalisés sur le changement de dispositif tactique de Patrice Garande, j’ai moi aussi voulu me forger ma propre opinion sur l’opportunité d’un tel changement. Cette opinion est évidemment basée sur les statistiques qui comptent (stats that matter !).

Le 3-5-2 : l’échec des latéraux

Le 3-5-2 cristallisent toutes les critiques : mauvais choix de l’entraineur et/ou mauvaise application des consignes par les joueurs.

Ce qui est certain c’est que ce dispositif est le plus exigeant à mettre en place et qu’il ne s’improvise pas, notamment car il est très peu répandu en catégorie de jeunes.

Lorsque l’on observe le positionnement moyen des joueurs, on observe de manière synoptique le manque de cohérence et les grands déséquilibres.

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  • Les attaquants sont très près des milieux ;
  • Santini est très bas ;
  • La ligne de quatre joueurs au milieu est respectée afin de couvrir toute la largeur. Dans un 3-5-2, les milieux axiaux doivent être solides défensivement. Est-ce leur profil ?
  • Les deux latéraux sont très éloignés des trois défenseurs centraux ce qui peut créer des zones moins bien couvertes dans le dos de Mbengue et Guilbert.

Dans un 3-5-2, le rôle des latéraux est primordial. Physiquement et tactiquement, ils doivent être au top. MBengue et Guilbert ne l’ont pas été :

  • Guilbert s’est fait dribblé 5 fois (record cette saison), a totalisé 6 actions défensives (très peu au regard de la possession adverse), 5 pertes de balles anormales (dépossédé et contrôles ratés), 1% de passes réussies ;
  • Mbengue s’est fait dribblé 3 fois, a totalisé 3 actions défensives, 4 pertes de balles anormales, 50% de passes réussies.

Le faible volume d’actions défensives pose question individuellement mais aussi collectivement. L’équipe a totalisé 92 actions défensives (tacles tentés, interceptions, ballons contrés, fautes commises) pour 556 passes adverses soit un ratio PPDA de 6. La moyenne observée depuis le début de saison est de 6 mais au regard du plan de jeu initial,  le 3-5-2 doit permettre un haut niveau de pressing, nous sommes loin du compte.

Les duos adverses formés par Thauvin-Sakai et Ocampos-Amavi ont causés énormément de dégats.

Normalement les compensations de Da Silva et Diomande auraient dû être opérantes, ce qui n’a pas été le cas notamment dans les situations de surnombre comme sur le premier but :

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Ou un replacement inexistant comme sur le deuxième but, Thauvin se déplaçant vers la zone libre

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Dans le 3-5-2, les latéraux peuvent se projeter rapidement vers l’avant ce qu’a voulu certainement faire ces derniers. Mais Caen a été incapable de construire ses actions et a trop subi.

La moyenne de passes consécutives est de 2… Le total de passes est de 213 contre une moyenne de 376 sur les 11 premiers matchs de la saison. 37 pertes de balles anormales comptabilisées.

Alors quelle leçon tirée de cette cuisante défaite : le 3-5-2 n’est pas compatible avec le jeu direct de Malherbe où les séquences de jeu sont très courtes, basées sur des passes longues. Le 3-5-2 vise à rationnaliser la possession.

Rationaliser 28% de possession de balles, c’est un non sens.

Sources :

Whoscored.com

Sofascore

https://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Charmes-et-dangers-du-3-5-2-le-schema-tactique-qui-a-plombe-le-psg/652792

Comment regarder un match de foot, Dé-ménageurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les pertes de balles anormales du Stade Malherbe

Sur les 5 défaites du Stade Malherbe cette saison, les pertes de balles ont été trop importantes. Patrice Garande évoque (trop) souvent les déchets techniques de son équipe y compris lors des victoires (encore face à Troyes).

On résume trop souvent ces déchets au taux de passes réussies.

Cet indicateur est un mauvais indicateur pour juger des déchets techniques d’une équipe car il est à relativiser des prises de risques prises par les joueurs et notamment du nombre de passes tentées vers l’avant ou dans les trente derniers mètres. Car finalement ces pertes de balles sont normales car issues d’un mouvement d’attaque visant à prendre le dessus sur l’adversaire.

Lorsqu’on étudie les 11 premiers matchs, aucune corrélation entre taux de passes réussies et bonne performance n’est avérée.

Malherbe peut gagner et perdre avec un taux de passe très faible ou moyen ou très élevé. Son taux moyen sur les onze premières journées est de 74%, le plus souvent compris entre 71% et 76%.

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La suite de cet article vient prouver que nous nous intéressons à tort au ce seul critère pour jauger les déchets techniques d’une équipe.

Il y a d’autres moyens de mesurer les pertes de balles avec les pertes de balles anormales.

 On observe deux types de pertes de balles anormales :

  • les ballons dépossédés où un joueurs est chargé ou taclé par un adversaire sans avoir tenté de le dribbler
  • les ballons rendus suite à une erreur ou à un mauvais contrôle.

 Ces ballons perdus, issus d’une mauvaise manœuvre du ballon, sont un facteur de contre-performance important pour le Stade Malherbe :

  •  Lors de 4 défaites du SMC (qui en compte 5), les joueurs caennais ont perdu plus de 30 ballons.
  • Lors de 5 victoires du SMC (qui en compte 6), les joueurs caennais ont perdu moins de 30 ballons.

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En clair, si le stade Malherbe veut gagner, il doit combattre ces pertes de ballons indépendamment de la justesse des passes car ces actions individuelles non conformes entrainent un nombre moins important d’actions offensives et réciproquement des possibilités supplémentaires données à l’adversaire pour mener une offensive.

Qui est concerné par ces pertes de balles ?

333 pertes de balles ont été comptabilisées depuis le début de la saison : 153 dépossédés et 180 contrôles ratés.

Le classement individuel des pertes de balles :

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Ces pertes de balles sont à mettre bien sûr en lien avec le type de postes occupés. On excuse facilement par exemple Ivan Santini qui subit une pression bien plus grande que Rémy Vercoutre.

Mais on excuse surement moins d’autres joueurs comme Kouakou, Repas ou Bazile. Ces derniers prennent surement plus de risques que d’autres mais l’impact de la prise de risque sur l’indicateur des pertes de balles est faible au regard de ce qu’il mesure (perte de balle sans dribble ou après un mauvais contrôle). Repas et Kouajou perdent un ballons anormalement tous les 7 ballons touchés !

Quant à N’Kololo, ses 6 pertes de balles en 65 minutes ne plaident pas pour lui.

On voit également l’apport technique de Bennasser avec seulement 1,8 perte de balle par 90 minutes soit une perte de balle anormale tous les 33 ballons touchés. Waouh.

Quelles solutions ?

J’imagine plusieurs actions correctives :

  • Sensibiliser les joueurs sur l’impact direct de leurs pertes de balles sur le résultat de la rencontre
  • Travailler spécifiquement à l’entraînement
  • Rationnaliser les choix de joueurs avant et pendant une rencontre en tenant compte des lignes de stats individuels
  • La prospection de nouveaux joueurs devra intégrer ces données

Sources : whoscored.com